Aller au contenu

Carne viva

Jean-Charles Hue
2009 France 98' Espagnol - Anglais
ven 22
mars
15h00
Pompidou Cinéma 2
Réserver
lun 25
mars
14h00
Pompidou Petite salle
Réserver
© Jean-Charles Hue

À Tijuana, à la frontière du Mexique, des hommes et des femmes tentent d’échapper à la solitude et à la mort qui rôde. « Muerto (mort)… Muerto… Muerto ! » David, le gringo, fait rouler le R de « Muerto » comme lui apprend sa petite amie Angela, une prostituée du quartier. « Muerrrto! » crie-t-elle… Puis elle remonte sa jupe et urine dans un sceau de fer-blanc tout en menaçant David d’un étrange couteau dont le manche a été fabriqué à partir de quelques os de vertèbres de chien. À Tijuana, on dit que ce couteau servait lors de messes sataniques durant lesquelles des chiens étaient sacrifiés et vidés de leur sang ; un peu comme ces cadavres exsangues de narcotrafiquants que Tijuana découvre chaque matin au détour d’une route. Demain, le couteau changera de nouveau de mains pour vivre une autre vie. Le gringo David, un flic, une fille de bar et même le maire, tous, comme emportés par une de ces musiques sortie d’un bordel du centre ville, vont faire quelques pas de danse en serrant contre eux cet os qui leur murmurent à l’oreille que Tijuana est sacrée car elle est libre.


« C’était déjà un portrait de la Zona Norte, un quartier de quatre pâtés de maisons, mais à travers un documentaire tendant vers une forme de fiction racontée par des personnages de drogués, de prostituées, de dealers, un policier et le maire, surnommé le Al Capone de Tijuana. Des êtres humains qui nous échappent, se réclamant tantôt de Dieu, tantôt de l’animalité, qui semblent très prédestinés et qui trouvent néanmoins un chemin d’évasion tout en clamant, dans une sorte de virevolte, que de toutes façons ils ne s’en sortiront pas, qu’ils ne trouveront pas l’évasion, qu’ils y passeront tôt ou tard mais qu’ils peuvent au moins choisir sur quel principe moral finir. Tous ces gens, je les ai filmés et ils sont devenus un peu ma vie dans ce désir que j’ai toujours eu d’être un peu des deux côtés de la caméra. Je continue à fouiner, à chercher où je pourrais me situer, dans les périphéries avec les gitans ou à Tijuana qui est finalement la périphérie de Los Angeles et des États-Unis, là où on refoule ceux qui ne peuvent pas être au centre. Dans ces endroits, je me sent bien : on a à peu près les mêmes croyances, les mêmes questionnements, j’ai l’impression de vivre avec eux et en plus, j’en fais un film. »

Jean-Charles Hue (entretien avec Fabien Lemercier, Cineuropa, Juillet 2020)

ven 22
mars
15h00
Pompidou Cinéma 2
Réserver
lun 25
mars
14h00
Pompidou Petite salle
Réserver
Production :
ADR Productions, Association HB
Image :
Jean-Charles Hue
Son :
Jean-Charles Hue
Montage :
Isabelle Proust
Contact copie :
The Dark - info@thedark.fr

Dans la même section

Ruhr

James Benning