Luke Fowler

Éloge de la marge


Invité en compétition en 2021 (
Being in a place – Portrait of Margaret Tait) et en 2023  (Patrick), le cinéaste et musicien écossais Luke Fowler est à la fois un cinéaste portraitiste et un biographe prolifique. Alors qu’il nous proposait ses deux derniers films pour cette nouvelle édition du festival (Being Blue, tourné dans l’ancienne demeure de Derek Jarman, et On Weaving, autour du design textile écossais), il nous a semblé que c’était là une invitation à proposer aux spectateurs du festival d’entrer en complicité avec son travail.  Une  complicité sensible, presque organique avec laquelle il embrasse le monde, tout en se dévoilant lui-même.

Car si son œuvre mêle l’histoire contemporaine de la gauche et des mouvements underground et artistiques en Grande Bretagne, ses films morcelés semblent parcourus d’effets miroir où les éléments sonores et visuels impressionnistes et les figures de montage parlent autant de l’autre que de lui-même. Attaché au 16 mm, forme modeste et artisanale qui est celle de la disjonction de l’image et du son, Luc Fowler se joue des carcans narratifs pour privilégier le geste. Son cinéma est une expérience immersive procédant par vagues, accumulation mais aussi par bribes qui, comme en suspens, persistent un moment sur la rétine.