Jumana Manna

Le corps et le territoire

Depuis quinze ans, la jeune cinéaste et artiste palestinienne Jumana Manna explore la façon dont les formes de pouvoir – économique, politique, colonial – conditionnent la vie humaine et végétale, et s’impriment sur les paysages et les corps. 

Qu’il s’agisse des jeunes hommes de Jérusalem-Est, d’un bal masqué dans la Jérusalem de 1942, des musiques de la Palestine historique ou de la cueillette des plantes sauvages, les films de Jumana Manna déjouent à chaque fois les cadres d’une réalité attendue pour rendre compte de la persistance inébranlable et hardie de la culture palestinienne et de son tissu social. À la violence de l’Histoire s’oppose la subtilité, l’humour, la tendresse du regard de la cinéaste mais aussi une grande liberté des formes qui soufflent un vent de liberté et d’impertinence. Et peut-être, plus encore que parce que ses films sont féministes, décoloniaux et écologistes, est-ce ce qui fait de Jumana Manna une cinéaste engagée.