Suburbia, aller-retour
Suburbia, There and Back
- 2026
- France
- 56'
- Français
Un portrait de la banlieue parisienne, qui, des franges boisées aux zones urbaines, industrielles et commerciales, donne à voir ces territoires dans leur banalité et leur poésie, pris dans le mouvement quotidien des travailleurs et des flux marchands destinés à Paris.
Le premier plan de Suburbia, aller-retour est une lente apparition, un dévoilement, qui laisse place à un renversement : celui de l’horizon. L’horizon ici, c’est Paris, capitale. Qui n’est pas un but, une direction, mais une perspective rare car elle ici observée depuis sa dite banlieue, horizon habituel de la grande ville, ce territoire qu’on ne voit d’ordinaire que de loin. Aller voir autrement, prendre le chemin, tendre l’oreille à ce qu’on ne regarde pas, c’est ce que le film s’efforce de faire, patiemment, pour laisser se raconter cette banlieue parisienne, des champs lointains à la lisière de la petite couronne. Des lieux où le temps travaille à vue et qui semblent ne pas vouloir se montrer comme la cité dortoir ou mise au banc. Et il faut du temps pour voir. Le film fonctionne par apparitions et par disparitions : une moissonneuse soulève la poussière et obstrue l’image ; une voiture emporte une cannette qui sort du champ ; la peinture d’une enseigne s’efface depuis des années. Certaines disparitions prennent leur temps comme celles des bâtiments anciens qui font place au neuf – on aménage, on développe l’urbain comme on dit. Des apparitions se font par les sons comme ces oiseaux qu’on avait oublié d’écouter quand les avions et les bagnoles ne saturent pas la bande. Le film crée ses propres sédimentations, de sons, d’espaces, et creuse, jusqu’à entrer dans les intimités, chez les habitants, qui, quand ils sont dehors traversent, passent, regardent eux aussi. Entre ces plans intérieurs et les plans-paysages, l’échelle change, mais c’est comme si le sentiment ou l’approche restait la même. On s’installe dans chaque plan, parfois suffisamment longtemps pour que plusieurs temps finissent par y coexister. Ici le temps s’accumule, pour habiter il faut de la durée.
Clémence Arrivé Guezengar
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- dim 22
- mars
- 20h45
- Saint André des Arts 3
- Réserver
- + débats/Q&As "Le serpent..." + "Suburbia..."
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- mar 24
- mars
- 16h15
- Arlequin 1
- Réserver
- + débat/Q&A The Night Seekers
- Sous-titres : version originale française sous-titrée anglais
- Société de production : Avril Films
- Contact Copie : Damien Cattinari / damien.cattinari@gmail.com
- Image : Damien Cattinari
- Son : Jeff Grosdemange
- Montage : Sébastien Krebs