One Equal Light
- 2026
- France, Canada
- 14'
- Français
Les révolutions cosmiques engendrent les révolutions terrestres dans ce film qui trame l’éclipse solaire de 2024, l’extase, les fantômes, la naissance, la mort, et le poète et prédicateur anglais John Donne.
D’un côté, des images tournées aux abords des chutes du Niagara, au milieu d’une foule réunie sur le chemin de la totalité d’une éclipse solaire. De l’autre, la figure du poète et prédicateur anglais John Donne, décédé en 1631 non sans s’être relevé à deux reprises de son lit de mort, d’abord pour délivrer pendant trois heures ce qui parut à son auditoire le spectacle macabre d’un cadavre livrant sa propre oraison funèbre, puis pour tenir la pose dans son linceul pour une rare sculpture de transi debout. Dans One Equal Light, un acteur reprend la posture de cette statue aujourd’hui exposée dans la cathédrale St Paul de Londres, à la manière dont Maider Fortuné et Annie MacDonnell avaient fait rejouer une performance de Dennis Oppenheim dans Communicating Vessels (2019). Entre l’éclipse et le poète, le lien est aussi tacite qu’évident. Ce basculement soudain du monde dans les ténèbres a toujours été associé à la fin du monde, non pas tant en vertu d’une ressemblance symbolique que par des conditions d’apparition et d’expérience qui les assimilent à une répétition générale de la mort.
De cette expérience-panique, MacDonnell et Fortuné font la matière de toutes les hantises et de tous les recommencements. La lumière égale dont parle John Donne (Sermon de Whitehall, 1627) ouvre le champ poétique à l’endroit même de son crépuscule. Reliées dans un même vertige métaphysique, différents ordres de réalité communiquent en une multitude d’analogies, un retour salvateur du langage dont l’écrivaine Annie Dillard se fit l’écho au moment de décrire sa propre expérience de la totalité : si « toutes ces choses pour lesquelles nous n’avons pas de mots sont perdues », alors il est bon d’avoir « tous les mots du monde à la disposition de l’esprit, afin que celui-ci puisse commencer sa tâche. »
Antoine Thirion
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Maïder Fortuné et Annie MacDonell se sont rencontrées en 2000 alors qu’elles étudiaient au Fresnoy, Studio national des arts contemporains. Depuis 2014, elles ont développé, outre leur pratique individuelle de cinéaste et d’artiste, une œuvre commune qui articule des notions de récit, de féminisme comme pratique politique, d’art et de pédagogie critique, en se concentrant particulièrement sur la manière dont mots et images se façonnent mutuellement. Leurs films évoluent entre des approches structurées, voire formalistes, et le démontage volontaire de ces structures. En 2020, leur film Communicating Vessels participe à de nombreux festivals internationaux. En 2022, Outhere (for Lee Lozano) est sélectionné aux festivals de Rotterdam, FID Marseille, EMAF (Onasbruck). Une monographie de leur collaboration, The Beyond Within, est éditée par la maison d’édition Art Metropole en 2024.
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- dim 22
- mars
- 18h30
- Reflet Médicis
- Réserver
- + débats/Q&As "Another Earth" + "One Equal Light"
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- mar 24
- mars
- 19h15
- Arlequin 1
- Réserver
- + débat/Q&A Crau
- Sous-titres : version originale française sous-titrée anglais
- Production : Maïder Fortune, Annie MacDonell
- Contact Copie : Maïder Fortune / fortunemaider@gmail.com
- Image : Julia Hendrickson, Alyssa Bistonath, Matt Braun, Annie MacDonell
- Son : Kinda Hassan
- Montage : Annie MacDonell, Maïder Fortuné
- Musique : Kinda Hassan