Les Enfants sans terre
Landless children
- 2026
- France, Chili
- 97'
- Espagnol, Français, Mapudungun, Suédois
En France, Juan rêve de la mort d’une vieille inconnue. Plus tard, il apprend que sa mère biologique est décédée cette nuit-là. En Suède, Daniel découvre qu’il a été déclaré mort à la naissance. L’un et l’autre partent à la recherche de leur terre natale oubliée, dans le sud du Chili.
Dans les années 70 et 80, au Chili, environ 20000 enfants ont été envoyés en Europe au nom d’adoptions qui n’en étaient pas. Enfants volés dans les hôpitaux, vendus aux occidentaux, nombre d’entre eux étaient originaires de familles autochtones Mapuche. René Ballesteros accompagne Juan et Daniel, qui sont de ces enfants, dans leur recherche vers cette origine, si ce terme a encore du sens, qui leur a été retirée. Le cinéaste, interprète parfois, présence solide toujours, semble comprendre leurs histoires au point de les partager et trouve le moyen de rendre compte des couches de dépossession qui recouvrent les corps et les histoires de ses protagonistes. Car qu’est ce qu’une terre, sinon une force qui travaille les corps ? Et comment devenir celui qu’on n’a pas pu être ? Daniel cherche dans cette dissonance, cette identité qu’on lui aurait volée. Juan, lui, est revenu au Chili par un rêve prémonitoire qui coïnciderait avec la mort de sa mère et semble avoir agi comme une invitation. Sur place, il remue son histoire, et cherche, une vérité à choisir comme il dit. Comme sa mère qui l’a atteinte en rêve, peut-être que cette terre Mapuche l’appelle et l’autorise à être là. Le film accueille et suit leurs recherches avec patience, se tient avec eux dans cet endroit fait de rejet et d’une appartenance qui persiste. Être « sans terre », pour Juan et Daniel, ne semble pas être l’absence d’un sol mais plutôt devoir se construire sur une faille, sur un territoire de soi instable que seuls les liens noués pendant leurs quêtes semblent pouvoir affermir.
Clémence Arrivé Guezengar
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René Ballesteros est né au Chili en 1975. Il est psychologue (Universidad de la Frontera, Temuco), réalisateur et scénariste. Après avoir travaillé dans des prisons pour mineurs et avec des enfants des rues en Araucanie, il étudie le cinéma à l’Université Paris VIII et au Fresnoy (France). En 2010, son premier long-métrage documentaire, La Quemadura, remporte le Prix Joris Ivens à Cinéma du Réel, le prix du meilleur documentaire à Documenta Madrid et celui du meilleur réalisateur chilien au SANFIC 2010, entre autres. En 2011, il est sélectionné pour la Résidence de la Cinéfondation au Festival de Cannes. En tant que scénariste, il co-écrit Los versos del olvido, d’Alireza Khatami, qui reçoit le Prix Orizzonti du meilleur scénario au Festival de Venise 2017. Los sueños del castillo, son deuxième documentaire, est présenté en première au Festival international de Valdivia 2018, remporte le prix du meilleur film chilien et est en compétition à Cinéma du réel 2019 où il remporte le prix de la Sacem.
- Sous-titres : version originale sous-titrée français et anglais
- Sociétés de production : Les Films d'Ici, La Madre, La Ballesta Films
- Contact Copie : Céline Païni / celine.paini@lesfilmsdici.fr
- Scénario : René Ballesteros, Johanne Schatz
- Image : David Belmar, Joakim Chardonnens, René Ballesteros
- Son : Andre Millan, René Ballesteros
- Montage : Romina del Rosario