Compétition #13

Le Serpent à Bonanjo

The Serpent in Bonanjo

  • Max Mbakop
  • Lilia Kilburn
  • 2026
  • Cameroun, États-Unis
  • 13'
  • Anglais, Français
    • dim 22
    • mars
    • 20h45
    • Saint André des Arts 3
    • Réserver
    • + débats/Q&As "Le serpent..." + "Suburbia..."
    • mar 24
    • mars
    • 16h15
    • Arlequin 1
    • Réserver
    • + débat/Q&A The Night Seekers
    • ven 27
    • mars
    • 19h00
    • Bulac
    • Entrée libre
Dans la même séance :
Dans la même séance :
  • © Max Mbakop, Lilia Kilburn, CINEMA NYANGA NJANGI
    © Max Mbakop, Lilia Kilburn, CINEMA NYANGA NJANGI
  • © Max Mbakop _ Lilia Kilburn _ CINEMA NYANGA NJANGI
    © Max Mbakop _ Lilia Kilburn _ CINEMA NYANGA NJANGI
  • © Max Mbakop _ Lilia Kilburn _ CINEMA NYANGA NJANGI
    © Max Mbakop _ Lilia Kilburn _ CINEMA NYANGA NJANGI

Dans le quartier de Bonanjo à Douala, Baba et ses amis font du roller à l’ombre d’un mur construit par un milliardaire français pour barrer la mer. Au milieu des spectres de la résistance anticoloniale, ils s’entraînent au serpent pendant des heures.


Le bruit ronronnant des rollers sur le goudron du quartier de Bonanjo, à Douala, résonne dans le silence d’un espace laissé libre par une contradiction. Une voix hors champ nous raconte avec une certaine nonchalance, à l’image de ce qui se déroule sous nos yeux, que c’est ici à Bonanjo que se tenaient les anciennes administrations allemandes puis françaises. Un quartier longtemps encadré par les interdits coloniaux donc, et notamment par celui qui empêchait les camerounais et camerounaises d’habiter ici. Pour la tranquillité des blancs, les motos taxis commerciales ne pouvaient pas y circuler non plus. Un interdit qui n’a toujours pas sauté du code pénal camerounais et qui a laissé un vide. Un vide ou un calme contraint, mais profitable pour le club de roller qui y pratique le « serpent » : une figure technique réalisée en groupe. À distance égale, les corps se suivent et forment une ligne mouvante. Ils disparaissent et réapparaissent dans le champ, se frayent un chemin dans ce territoire saturé par l’histoire, profitant de ses balafres. A travers les rues de Bonanjo, qui portent les noms des français qui ont occupé et agressé : De Gaulle, Loti, Carras… se dessine un passé violent prolongé par l’occupation actuelle de milliardaires tels que Bolloré pour qui la colonisation a pris une autre forme et qui continue de découper, d’interdire des accès, de générer des espaces ségrégués, de prendre des territoires. Le film regarde ces strates coexister au son des roues du serpent qui circule et qui n’étouffe rien. Au contraire, il semble écouter, en longeant patiemment le passé de son mouvement malicieux. 

Clémence Arrivé Guezengar

Lire l’entretien avec Max Mbakop et Lila Kilburn

Photo du cinéaste Max Mbakop


Max Mbakop
, né à Ndoungué, au Cameroun, et fils d’enseignant, a parcouru de nombreuses villes en raison des divers postes occupés par son père. Cette itinérance a été le catalyseur de son exposition à des cultures variées, éveillant en lui le désir de percevoir le monde et l’humanité sous un angle différent. Aujourd’hui, Max est un réalisateur et artiste visuel camerounais basé à Douala. Il est le fondateur de la compagnie de théâtre Cie Horiz’art et de Kam’Art Corp, une société audiovisuelle. Max a d’abord suivi une formation en théâtre et en scénographie avec Kouam Tawa, Martin Ambarra et Were Were Liking. Plus tard, il a rencontré feu Goddy Leye, qui l’a aidé à participer à un atelier d’art vidéo à Art Bakery. Cela l’a conduit au monde du cinéma, où il a été aussi formé auprès du réalisateur Vincent Ndoumbe. Il a exposé dans des festivals et des galeries.

Photo de la cinéaste Lilia Kilburn

Lilia Kilburn, née à Boston, est artiste et doctorante en anthropologie et pratiques critiques des médias à Harvard, où elle est également boursière du Film Study Center. Travaillant depuis 2012 entre le Cameroun et les États-Unis, elle collabore à des œuvres qui explorent les liens complexes entre les deux régions. Elle donne régulièrement des cours de réalisation cinématographique et a contribué cette année à la programmation publique des Archives cinématographiques de Harvard et de l’Institut d’art contemporain de Boston.

    • dim 22
    • mars
    • 20h45
    • Saint André des Arts 3
    • Réserver
    • + débats/Q&As "Le serpent..." + "Suburbia..."
    • mar 24
    • mars
    • 16h15
    • Arlequin 1
    • Réserver
    • + débat/Q&A The Night Seekers
    • ven 27
    • mars
    • 19h00
    • Bulac
    • Entrée libre
Dans la même séance :
  • Sous-titres : version originale sous-titrée français et anglais
  • Société de production : Cinema Nyanga Njangi
  • Contact Copie : cinema.nyanga.nyangi@gmail.com
  • Image : Lilia Kilburn, Max Mbakop, Sue Ding
  • Son : Tombe Franklin, Caroline Ngouegni
  • Design sonore : Ernst Karel, Felipe Esparza Pérez
  • Montage : Lilia Kilburn, Felipe Esparza Pérez
  • Musique : Binyou Bi-Homb