Compétition #12

Labore nobile

  • Juliette Achard
  • 2026
  • France, Belgique
  • 73'
  • Français
    • mar 24
    • mars
    • 13h30
    • Arlequin 1
    • Réserver
    • + débat/Q&A Labore nobile
    • jeu 26
    • mars
    • 21h15
    • Reflet Médicis
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Dans la même séance :
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  • © Juliette Achard, LES FILMS DE LA CARAVANE
    © Juliette Achard, LES FILMS DE LA CARAVANE
  • © Juliette Achard _ LES FILMS DE LA CARAVANE
    © Juliette Achard _ LES FILMS DE LA CARAVANE
  • © Juliette Achard _ LES FILMS DE LA CARAVANE
    © Juliette Achard _ LES FILMS DE LA CARAVANE

À Saint-Nazaire, la grande industrie œuvre à ciel ouvert, là où la Loire rejoint l’océan Atlantique. Le film mêle les paysages singuliers de l’estuaire aux paroles d’habitants, comme autant d’acteurs pris dans les contradictions de notre époque et de la société du travail.


« Par le travail qui t’anoblit » : le premier long métrage de Juliette Achard fait sienne la devise de Donges, où se dressent le terminal pétrolier et la raffinerie du port de Saint-Nazaire. Labore Nobile n’ignore jamais l’aliénation, mais il refuse d’en faire l’horizon nécessaire du travail, rappelant que « les humains aiment faire, n’ont jamais été avares d’efforts ». Son geste consiste ainsi à restituer le travail à ceux qui l’exercent : ouvriers, dockers, habitants deviennent les acteurs d’un film qui revisite l’histoire du développement de l’estuaire de la Loire, ses transformations environnementales, la reconfiguration de ses rapports sociaux et les déplacements de la notion même de travail. Saint-Nazaire offre le cadre d’un paysage qu’elle a entièrement façonné, et garde encore la mémoire vive d’une « époque où le travail tenait la terre en équilibre ». On y apprend beaucoup : sur la construction des navires aux Chantiers de l’Atlantique ou des fuselages d’avion aux ateliers Airbus, sur l’adaptation des paysages au gigantisme industriel ou la déshérence des marais voisins. Mais ce savoir ne circule jamais qu’à travers les voix mêmes de ceux qui y vivent : ouvriers, habitants, générations différentes qui portent sur l’idéologie de la croissance des regards nécessairement divergents.

C’est ici que le projet d’Achard trouve sa forme, qui articule sans cesse la représentation du travail et le travail du cinéma. Héritière de l’éducation populaire autant que de la pédagogie straubienne, elle part d’une conviction simple – que « le pouvoir se joue toujours sur de l’énonciation » (Daney) – pour élaborer avec ses interprètes un dispositif où la parole est à la fois travaillée et affirmée. Le film oscille alors entre répétition et spontanéité, entre l’expérience vécue et la citation théorique, convoquant aussi bien les analyses des travailleurs que celles d’auteurs ayant pensé les structures de domination économique. Achard déjoue les risques d’aplatissement de la frontalité didactique par un goût très sûr pour la circulation du récit, pour les suspensions de la langue et pour les correspondances du montage. Une phrase laissée en suspens trouve sa relance dans une image ; une réflexion se prolonge dans un aria accompagnant la mise à l’eau d’un paquebot, et le film réalise la promesse contenue dans sa devise de manière éclatante : beau travail.

Antoine Thirion

Lire l’entretien avec Juliette Achard

Photo de la cinéaste Juliette Achard

Juliette Achard est monteuse et cinéaste. Elle est née en 1985 en banlieue parisienne. Après des études de cinéma à Toulouse et à Paris, elle s’est installée à Bruxelles où elle a commencé à travailler comme monteuse et assistante, notamment auprès du cinéaste Boris Lehman. Depuis 2011, elle réalise l’ensemble des créations vidéo pour les spectacles du Collectif Mensuel, compagnie majeure du théâtre belge francophone. Parallèlement, elle mène des projets d’éducation à l’image et de films d’ateliers, dans une démarche soucieuse des principes de l’éducation populaire. En 2017, elle a réalisé son premier film, Saule Marceau. Ce court-métrage est à la fois un portrait de son frère paysan dans le Limousin, un regard personnel sur des paysages et des récits croisés d’histoires collectives. Il a été sélectionné et primé dans de nombreux festivals en Europe. Juliette Achard a coréalisé ensuite plusieurs courts-métrages avec Ian Menoyot dont Main pour main et Boulevards de la SenneLabore nobile est son premier long-métrage.

    • mar 24
    • mars
    • 13h30
    • Arlequin 1
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    • jeu 26
    • mars
    • 21h15
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Dans la même séance :
  • Sous-titres : version originale française sous-titrée anglais
  • Sociétés de production : Les Films de la Caravane, Aresennam
  • Contact Copie : Les Films de la Caravane / contact@filmsdelacaravane.fr
  • Image : Fiona Braillon, Nicolas Contant, Arthur Thouvenin
  • Son : Céline Carridroit, Marlène Laviale, Simon Apostolou
  • Montage : Juliette Achard