Compétition #2

El León

  • Diana Bustamante
  • 2026
  • Colombie
  • 14'
  • Espagnol
    • sam 21
    • mars
    • 16h30
    • Arlequin 1
    • Réserver
    • + débat/Q&A : Narrative
    • jeu 26
    • mars
    • 13h00
    • Saint André des Arts 3
    • Réserver
    • + débat/Q&A Shot Reverse Shot
Dans la même séance :
Dans la même séance :
  • © Diana Bustamante Escobar, BURNING
    © Diana Bustamante Escobar, BURNING
  • © Diana Bustamante Escobar _ BURNING
    © Diana Bustamante Escobar _ BURNING
  • © Diana Bustamante Escobar _ BURNING
    © Diana Bustamante Escobar _ BURNING

Ce film est construit à partir d’une image trouvée dans les archives d’actualités colombiennes. Elle montre comment la mort a envahi un lieu qui ne lui était pas destiné: l’auditorium El León de Greiff de l’Université Nationale de Colombie.


Voilà un film court et littéralement fulgurant : il frappe comme une série d’éclairs. Eclairs visuels (un montage coupant d’archives vidéos rêches, inhospitalières), éclairs sonores (stridences, larsens, vent râpeux sorti de nulle part), éclairs documentaires (la dépouille d’un homme gisant absurdement sur une table de ping pong et recouverte d’un linge blanc gorgé de sang) d’où le film de Diana Bustamante fait remonter une saisissante violence. Cette violence parle pour un contexte très concret. Parmi les nombreux assassinats commis dans les années 80 et 90 par le pouvoir militaire colombien, il y eut de nombreux étudiants et professeurs, auxquels on rendit hommage dans ce lieu de culture très symbolique qu’était l’auditorium El León de Greiff. En s’ouvrant sur l’image muette d’un ténor opposé à un contrechamp de sièges vides, le film synthétise avec une acuité remarquable l’agonie d’une civilisation sous la botte du fascisme. De ce silence inaugural monte un grondement sourd, percé de stridences et d’extraits d’un poème écrit par celui qui a donné son nom aux lieux. Il y est question de ténèbres profondes, d’un vent abyssal et de fantômes, au diapason des éclairs formels qui nous enfoncent bel et bien dans les limbes. Mais El León ne s’arrête pas là : doucement le magma d’enfer s’éteint, remplacé d’abord par le son d’un piano et la voix retrouvée du ténor, puis par la clameur résolue de la foule réunie aux funérailles – « pas une minute de silence, une vie entière de résistance ! » dit-elle en un grondement qui finit par recouvrir celui des abysses.

Jérôme Momcilovic

Lire l’entretien avec Diana Bustamente

Photo de la cinéaste Diana Bustamante

Diana Bustamante, largement reconnue pour son travail dans la production cinématographique et la gestion culturelle en Amérique latine, et ayant joué un rôle clé dans l’internationalisation du cinéma colombien et latino-américain, a été directrice artistique du Festival international du film de Carthagène de 2014 à 2019. Elle a également produit des films tels que La Terre et l’Ombre, lauréat de la Caméra d’or à Cannes en 2015, et Memoria, Prix du Jury au Festival de Cannes 2021. En 2022, elle fait son début en tant que réalisatrice avec le documentaire Nuestra Película, présenté en avant-première au DOCNYC et mention spéciale du jury au festival ZINEBI de Bilbao.

    • sam 21
    • mars
    • 16h30
    • Arlequin 1
    • Réserver
    • + débat/Q&A : Narrative
    • jeu 26
    • mars
    • 13h00
    • Saint André des Arts 3
    • Réserver
    • + débat/Q&A Shot Reverse Shot
Dans la même séance :
  • Sous-titres : version originale sous-titrée français et anglais
  • Société de production : Burning
  • Contact Copie : Diego Castillo / coord.desarrollo@burning.com.co
  • Son : Carlos García
  • Montage : Felipe Guerrero
  • Musique : Jabbath Roa