Comme d’ici au pommier
From Here to the Apple Tree
- 2026
- France
- 102'
- Français
« Comme tant de jeunes hommes de sa génération, mon grand-père fut envoyé à la guerre d’Algérie. Guerre qui le hante encore lorsqu’il doit entrer en maison de retraite. Installé dans sa maison, je tente de m’approprier ses murs, son jardin, sa mémoire. Quels soins apporter au présent quand le passé semble avoir tout abîmé ? »
Guy, grand-père de Cyprien Ponson, a vu 28 mois de sa jeunesse s’évanouir en Algérie et le reste de sa vie en être marqué à tout jamais. De ces années de conscription ordonnées par l’État colonial français ne lui restent que les visions d’horreur du troufion soudain confronté à la mort et la frustration amoureuse et sexuelle du jeune homme. Cyprien, heurté par une phrase définitive et raciste lâchée jadis par Guy à propos des « arabes », a le projet de le questionner sur cette sale époque, lorsque celui-ci décide soudainement de partir pour l’EHPAD. Cyprien, qui se filmait jusque-là dans le miroir de la maison aux côtés de Guy, va alors élargir le champ et trouver son espace au jardin. Abîmé par le glyphosate du “pépé” qui employait les méthodes de son temps, le lieu laissé en friche s’avère être le territoire à reconquérir par Cyprien, manière de perpétuer la mémoire de Guy tout en la purgeant de ses scories et tenter de redonner une santé au lieu. En bon cinéaste-jardinier, Cyprien lutte pour fabriquer son film au rythme de la nature et des saisons, jetant ici une idée en germe, découvrant là qu’une mauvaise herbe peut faire un bon plan, plantant ailleurs un piquet tel une colonne vertébrale pour son récit. On sait que l’Histoire se répète et qu’un jardin n’est qu’une parcelle de ce monde privé d’harmonie : il n’empêche que Cyprien se démène, pour mener à bien le jardin comme le film. En le voyant bricoler une tenture, de ses insuffisantes deux mains, pour y projeter en plein air de vieilles photos de pépé, on est tenté de lui tendre les nôtres en soutien. D’ici à l’écran, c’est pas bien loin.
Christian Borghino
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À 18 ans, Cyprien Ponson a quitté son Ardèche natale pour aller faire des études d’anthropologie, de cinéma et un peu d’histoire à Lyon. Il a plus tard suivi le master en écritures et réalisation documentaires CREADOC à Angoulême.
En 2017, il a co-réalisé BÉ’ JAM BÉ et cela n’aura pas de fin avec Caroline Parietti. Ce premier film était une immersion dans des forêts de Bornéo avec certains de ses habitants Penan en lutte pour préserver leurs terres et existences. D’abord montré au festival Visions du Réel en Suisse où il a reçu le prix Buyens-Chagoll récompensant « une œuvre à dimension humaniste qui met en lumière des récits développant des valeurs qui donnent sens à l’avenir des hommes », il a ensuite été diffusé dans de nombreux festivals à travers le monde.
Touche-à-tout et spécialiste en rien, Cyprien fait du son, de l’image, du montage, de l’étalonnage, il est selon les jours cinéaste, jardinier, programmateur de films, éleveur de poules, ou jury de commissions de cinéma…
De retour en Ardèche il y a cultivé Comme d’ici au pommier, son second long-métrage qui, dans la lignée du précédent, regarde avec inquiétude les ravages commis contre les terres et les êtres.
- Sous-titres : version originale française sous-titrée anglais
- Société de production : Les Films de l'Autre Cougar
- Contact Copie : Laurent Lhermite / prod.lautrecougar@gmail.com
- Image : Cyprien Ponson
- Son : Cyprien Ponson
- Montage : Alix Lumbreras