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Polycephaly in D

Michael Robinson
2021 États-Unis 23 min
lun 14
mars
17h50
MK2 Beaubourg
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ven 18
mars
18h40
Centre Pompidou - Cinéma 1
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Dans la même séance : Home When You Return Devil’s Peak

Une exploration de la dérive existentielle, du traumatisme collectif et de l’état de désarroi caractérisant l’époque contemporaine. Sauter, tomber et trouver son nouveau moi en un tremblement de terre ; on perd une tête pour qu’une nouvelle repousse.

Des émotions violentes, on dit en anglais qu’elles déchirent la terre. En français, qu’elles bouleversent, comme une pierre dévale une pente en roulant sur elle-même. Puisque la volonté seule échoue à les arrêter, il faut les rejouer jusqu’à rompre et inverser le mauvais sort. Le nouveau film du cinéaste américain Michael Robinson épouse la forme de telles secousses. Deux hommes y communiquent par télépathie. Deux anciens amants, ou peut-être les deux corps d’un homme dissocié. La gravité cloue le premier au sol d’un désert californien, le second flotte dans le bleu miroitant d’une piscine de Los Angeles. Un dialogue de sous-titres rétablit une communication rompue. Quand l’un demande à traverser la paroi qui les sépare, un glissement de terrain s’ensuit. Fonctionnant comme toujours à partir d’images d’emprunt au cinéma, à la télévision et à internet, patiemment collectées en une archive personnelle et montées au fil des films et des ans, associées à des plans originaux et à des versions orchestrales de morceaux pop (ici, le Golden Slumbers des Beatles), Robinson organise un déluge visuel aussi rigoureux qu’intense, dans un montage à distance magistral qui n’est pas sans évoquer Pelechian. Le motif polycéphale donne temporairement aux convalescents un corps monstrueux, tandis que la tonalité en ré, traditionnellement associée aux émotions solaires, énergiques et lancinantes – « la clé du triomphe, des alléluias, des cris de guerre, des réjouissances de la victoire » selon les musicologues – déplace la douleur sur la gamme du salut. « Si nous devons guérir », disent les derniers dialogues, « que cela soit glorieux ».

Antoine Thirion


Lire l’entretien avec Michael Robinson

Michael Robinson

Les films-collages de Michael Robinson interrogent le fonctionnement des émotions dans les médias de masse, la nature du chagrin d’amour et l’instabilité de la réalité que nous habitons. Son travail a été présenté à l’échelle internationale dans des lieux tels que la National Portrait Gallery de Londres, la 2012 Whitney Biennial, le MoMA, le Walker Art Center, le Musée du film autrichien, la Whitechapel Gallery, and le MMCA à Seoul, ainsi que dans des festivals majeurs comme Rotterdam, New York, Londres, la Berlinale, Hong Kong, and Toronto.

lun 14
mars
17h50
MK2 Beaubourg
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ven 18
mars
18h40
Centre Pompidou - Cinéma 1
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Dans la même séance : Home When You Return Devil’s Peak
Production, Scénario, Image, Son, Montage :
Michael Robinson
Contact copie :
robinsonfilms@gmail.com

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