Aller au contenu

Camouflage

Camuflaje
Jonathan Perel
2022 Argentine 93 min
ven 11
mars
18h00
FDI 300
Réserver
mar 15
mars
17h50
Centre Pompidou - Cinéma 1
Réserver

L’écrivain Felix Bruzzone incarne un joggeur obsédé par le Campo de Mayo, la plus grande base militaire d’Argentine. Principal centre secret de détention, de torture, et d’exécution au cours de la dernière dictature, c’est aussi le lieu où la mère de Félix a disparu en 1976.

Le nouveau film de Jonathan Perel (Responsabilidad Empresarial, Cinéma du réel 2020) adapte un livre de Felix Bruzzone, Campo de Mayo, en faisant de l’écrivain argentin son protagoniste. L’idée de ce dernier consistait à mener une enquête autour de cette vaste garnison militaire en bordure de Buenos Aires ayant servi de centre de détention clandestin durant la dictature entre 1976 et 1983, en courant. Bruzzone évoque ses motivations entre deux respirations : sa mère, disparue alors qu’il était enfant, y est décédée durant son incarcération secrète, ce qu’il n’apprit qu’après avoir acheté une maison dans les environs. À travers une série d’entretiens avec le voisinage menés, comme entre deux footings, sans quitter sa tenue, Bruzzone s’approche du trou noir que l’infâme Campito représente dans la capitale et dans la mémoire argentines. Il en fait le tour, presque équivalent à celui d’un marathon, puis y pénètre peu à peu. Pour découvrir quoi ? Le spectre de la coercition. Des ruines visitées par d’étranges patrouilles ; un chemin de fer pour accélérer ou remonter le temps ; une épreuve sportive aux relents fascistes, des terrains vagues qu’une simulation rudimentaire, moyennant disparition des corps, transforme en décors de jeux vidéo horrifiques. Il y a donc d’un côté la hantise, personnelle, collective, manifeste ou latente. De l’autre la course, tantôt patiente, persévérante, résistante, tantôt guerrière, compétitive, meurtrière. Et entre la hantise et la course, une approche topographique et performative nouvelle pour Jonathan Perel, où les corps et les images s’entraînent chaque jour à travailler la mémoire ou l’oubli, le deuil ou l’ironie.

Antoine Thirion


Lire l’entretien avec Jonathan Perel

Jonathan Perel

Né en 1976 en Argentine, Jonathan Perel vit et travaille à Buenos Aires. Il a suivi un cursus à la Faculté de Philosophie et de Lettres (Université de Buenos Aires). Il a réalisé les longs métrages Responsabilidad Empresarial (2020, Cinéma du réel), Toponimia (2015), Tabula Rasa (2013), 17 Monumentos (2012) et El Predio (2010), ainsi que les courts métrages 5-T-2 Ushuaia (2016), Las Aguas del Olvido (2013), Los Murales (2011) et 5 (cinco) (2008). Il a été nommé meilleur réalisateur au BAFICI en 2021 et a été primé au festival Documenta, au FIDMarseille, ainsi que par le Metropolitan Fund for the Arts et le National Fund for the Arts (FNA).

ven 11
mars
18h00
FDI 300
Réserver
mar 15
mars
17h50
Centre Pompidou - Cinéma 1
Réserver
Production :
Off the Grid, Alina Films, Castadiva
Image :
Joaquín Neira
Son :
Francisco Pedemonte, Andrés Marks, Sebastián Lipszyc
Montage :
Pablo Mazzolo
Contact copie :
pablochernov@gmail.com

Dans la même section