#05 Cinéaste en son jardin

Margaret Tait

1981Royaume-Uni32 min

A Portrait of Ga (1952, Royaume-Uni, 4 min)

« Ga » désigne ici la mère de la réalisatrice. Le film nous donne un aperçu abstrait de la vie de cette vieille femme en assemblant des images de son quotidien.

« J’ai pensé que ma mère ferait un bon sujet de portrait – elle était là, déjà – et je me suis dit que cela me permettrait de faire une sorte de “film abstrait”, dans le sens où il serait dépourvu de ce qu’on peut appeler une “grammaire cinématographique”. Il est essentiellement constitué de plans qui ne suivent pas, connectés seulement par leur sujet, une seule fois par la couleur, et très rarement par le mouvement. » (Margaret Tait)

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Aerial (1974, Royaume-Uni, 4 min)

« L’imagerie du film est liée aux quatre éléments : l’air, l’eau (et la neige), la terre, le feu (et la fumée) sont tous présents. La bande-son est composée de sons distendus, de quelques notes de piano et de musique naturelle. »

« Oui, c’est un film très simple si on cherche à y être réceptif sans essayer d’appliquer une logique rationnelle. Il n’y a pas de récit, ni de raisonnement ; c’est davantage un thème musical qui naît de l’association de ces éléments, et pas vraiment une idée que j’aurais cherché à faire passer. La thématique générale est celle des quatre éléments : la terre, l’air, le feu et l’eau – dans un ordre différent l’air, l’eau, la terre, le feu, puis l’air à nouveau, et tous ces éléments s’entremêlent… Mais de façon très simple, comme une chanson, comme une sorte de comptine. Même si je ne comprends rien aux structures musicales – j’aurais beaucoup de mal à saisir la structure d’une composition à l’oreille –, je crois que la structure d’un film est beaucoup plus semblable à la structure musicale qu’à toute autre chose. » (Margaret Tait)

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Tailpiece (1976, Royaume-Uni, 9 min)

De longs plans d’une maison et d’un jardin, accompagnés par de la musique, de la chanson et de la poésie : Margaret Tait compose ici un parfait adieu à sa maison et à son studio inoccupés à Buttquoy, dans les Orcades.

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Garden Pieces (1998, Royaume-Uni, 11 min)

Un ensemble de trois « poèmes cinématographiques » inspirés par la thématique du jardin ; le film central est une animation composée de dessins réalisés à la main.

« “Round the Garden” : le titre ne ment pas, la caméra tourne dans le jardin. “Garden Fliers” : un dessin animé fantasque, ainsi qu’un formidable morceau de piano. “Grove” : grave et sonore. » (Margaret Tait)

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Land Makar (1981, Royaume-Uni, 31 min)

« Une étude d’un paysage, celui d’une petite ferme dans les Orcades. La figure de la paysanne est très présente dans le film grâce aux interventions de Mary Graham Sinclair, qui apporte un supplément d’authenticité. Les séquences ont été filmées à différentes périodes de l’année, entre 1977 et 1980, et s’intéressent aux nombreuses activités humaines qui viennent modifier l’aspect d’un paysage. La fermette se situe au bord d’un petit loch où des cygnes et d’autres oiseaux font leur nid, dans l’herbe. Elle fonctionne à l’ancienne, et bien que des instruments mécanisés soient utilisés lorsque cela s’impose, l’essentiel du travail est réalisé par une seule femme. On y cultive du foin, des navets, des pommes de terre, du chou kale et de l’avoine ; la fermette sert aussi à engraisser du bétail et à nourrir quelques poules et quelques canards. […] “Makar” est un mot écossais qui signifie “poète”. Le film est structuré comme si les séquences formaient une suite de tableaux. » (Margaret Tait)

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  • Dans des films intimistes à l’écoute de la vie secrète des objets, des personnes et des paysages, Margaret Tait s’est appliquée à révéler l’autre face de l’existence, celle que nous remarquons uniquement lorsque notre propre présence au monde passe au premier plan. Avec son regard et son esprit indépendants, elle s’est intéressée à ce qu’elle voyait autour d’elle, qu’il s’agisse des ruelles d’Édimbourg, du fracas des vagues sur l’archipel des Orcades ou encore d’une vieille paire de bottes dans une grange, mettant ainsi en lumière les multiples dimensions de la réalité.
    (Wien FilmMuseum)

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