#11 Rendez-vous européens du documentaire de patrimoine 2021

Marée noire et colère rouge

René Vautier

197865 min

16 mars 1978. Le pétrolier supertanker Amoco-Cadiz coule au large de Portsall, petit port du Finistère nord. « Marée Noire, Colère rouge »  retrace la catastrophe causée par le naufrage de l’Amoco Cadiz et dénonce les mensonges politiques relayés par les médias. Ce film s’attache à démontrer la campagne d’information mensongère qui suivit l’accident ainsi que ses conséquences écologiques désastreuses.

  • Le réalisateur : René Vautier est né le 15 Janvier 1928 à Camaret-sur-Mer dans le Finistère. Il s’engage dans le maquis à l’âge de 16 ans puis intègre l’IDHEC à la libération sous l’impulsion de ses camarades de combat. À 21 ans, il est engagé par la Ligue de l’enseignement pour montrer la vie en Afrique Occidentale française. Scandalisé par la violence coloniale, il entre en conflit avec les officiels français et décide de montrer ce qu’il voit. Ce qu’il arrivera à sauver du résultat de ses tournages s’intitulera Afrique 50, considéré aujourd’hui comme le premier film anti-colonial français. Cet anticolonialisme ne le quittera jamais et, en 1957, il part en Algérie filmer la guerre d’Indépendance du côté des algériens, installé dans le maquis du FLN. Il y restera jusqu’en 1965 et participera à la création du Centre Audiovisuel d’Alger. De retour en Bretagne, il sera l’un des fondateurs de l’UPCB (Unité de production cinématographique de Bretagne) en 1970. En 1972, il tourne Avoir 20 ans dans les Aurès, l’un de ses films les plus connus autour d’un groupe de jeunes appelés mobilisés en Algérie et confrontés à l’horreur de la guerre coloniale. Censure, procès, marées noires et capitalisme, nucléaire et racisme, Vautier embrassera tous les combats, caméra au poing avec une seule ligne de conduite « je filme ce que je vois, ce que je sais, ce qui est vrai »…
    Beaucoup de ses films tournés dans des conditions difficiles ont disparu, d’autres ont été abîmés par une vie de projections au quatre coins du monde, certains ont été volontairement détruits. Depuis 10 ans, un travail de restauration est mené avec l’aide du CNC, de la Cinémathèque française, de la cinémathèque de Bretagne pour tenter de sauver et de restaurer cette œuvre engagée qui témoigne des grandes luttes de la seconde moitié du 20e siècle : anti-coloniales, anti-apartheid, féministes, sociales, écologiques…

  • Le restaurateur : Moïra Chappedelaine-Vautier est née à Lorient en 1978, diplômée d’un master de cinéma, et d’une formation technique à 3is, elle débute sa carrière dans la production de courts-métrages et de documentaires. En 2006, elle passe derrière la caméra pour réaliser son premier documentaire tourné en Colombie : Bogotrax, Red Sonante.  Elle poursuit sa carrière de productrice et en 2011, rejoint la société Ciaofilm au sein de laquelle elle produit plusieurs documentaires ambitieux tels que Zona Franca de Georgi Lazarevski, Coby de Christian Sonderegger ou Salut et Fraternité de Oriane Brun-Moschetti. Elle y développe également des projets de fiction. Parallèlement elle travaille avec la société de production Rouge International en tant que directrice de post-production et productrice exécutive sur des longs-métrages de fiction tant en France qu’à l’international. Depuis 2012, elle s’occupe également du fonds cinématographique de son père René Vautier, avec le concours du CNC, de la Cinémathèque de Bretagne et de la Cinémathèque française, et le soutien des Mutins de Pangée afin de conserver et de faire (re)vivre ses films pour les générations futures

Production : l’UPCB ( Unité de Production Cinéma Bretagne)
Restaurateur : Moïra Vautier
État d’avancement : élément scannés / restaurés / en cours d’étalonnage
Date de disponibilité : septembre 2021

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