Cinéma du Réel - Festival international de films documentaires
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Fayçal Hammoum

2017 / Algérie / 82 min

i Vendredi 24 Mars 18H50 Luminor
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Version originale sous-titrée en français et anglais + DÉBAT

i Mardi 28 Mars 14H00 Centre Wallonie Bruxelles
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Version originale sous-titrée en français et anglais

Fayçal Hammoum livre une chronique de l’élection présidentielle de 2014 à travers des Algérois abstentionnistes et trentenaires, comme lui. De Bilel, épicier faute de mieux et exposé au babil politique de ses clients, au propos plus politisé de Younes, journaliste militant d’une radio FM opposé à un quatrième mandat du président Bouteflika, la variété des scènes de parole ne change rien à la détermination de ne pas aller voter pour un vieillard invisible devant le peuple depuis près de deux ans. Les rappeurs Omar et Brahim n’ont pas plus d’espoir ni de carte d’électeur que le DJ de webradio Tallel, puisque « le match est truqué ». En lâchant du lest au sujet pour filmer leur quotidien, le cinéaste brosse le portrait d’une génération qui, comme le dit Bilal avec une simplicité poignante, « veut juste vivre ». Les séquences dans la petite rédaction de l’hebdomadaire francophone indépendant El Watan Week-end fonctionnent comme un sas vers la deuxième partie du film, qui suit de plus près la campagne – les meetings dans lesquels le président-candidat est représenté par un autre et ceux d’une coalition en faveur du boycott de l’élection. Jamais la cocasserie des réflexions désabusées des jeunes abstentionnistes n’entrave la portée politique de cette chronique. Les autorités en ont d’ailleurs pris la mesure : alors que le film était programmé aux Rencontres cinématographiques de Béjaïa en septembre 2016, une « commission de visionnage » en annulait la projection pour « contenus portant atteinte aux symboles de l’État et de la souveraineté ». (Charlotte Garson)

Production / Contact copie: Thala Films

Fayçal Hammoum, cinéaste et producteur, a grandi à Alger. Diplômé de droit et de cinéma à Paris, il retourne en Algérie en 2009 où il intègre la société de production Thala Films. Vote off, son premier long métrage, a été censure en Algérie.