Cinéma du Réel - Festival international de films documentaires
Prends, Seigneur, Prends
DR

Prends, Seigneur, Prends

Cédric Dupire, Gaspard Kuentz

2017 / France, Inde / 92 min

i Vendredi 24 Mars 16H30 Luminor
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Version originale sous-titrée en français et anglais + DÉBAT

i Samedi 25 Mars 18H30 Cinéma 1
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Version originale sous-titrée en français et anglais + DÉBAT

i Lundi 27 Mars 19H30 Centre Wallonie Bruxelles
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Version originale sous-titrée en français et anglais

Pendant les cérémonies du festival de Panchwa, les Kalbeliya du Rajasthan dialoguent avec leurs morts – guerriers et déesses – à travers les vivants en transe. Le film s’ouvre et se clôt sur l’autel de briques qui en est la modeste scène, d’abord nue au milieu du désert puis surchargée d’offrandes et de sang sacrificiel. Il restitue l’intensité immersive de ce rituel de chair, de sang, de flammes et de cris – en ce sens, la présence de la caméra est plus que souhaitée, comme si elle parfaisait le spectacle : « Laissez-nous seuls », déclare le prêtre, « sauf les Blancs : ils prennent les images »… Si la création sonore de Jacob Stambach accompagne cette intensité, inversement, le rituel nourrit le cinéma des couleurs des pigments et du sang, suscitant parfois un régime d’images différent. Devant l’autel défilent des possédés qui énoncent leurs doléances, mais ce sont surtout plusieurs médiums, de tout âge, qui offrent leur corps au Seigneur, en une saisissante immédiateté de l’incarnation. Le spectaculaire sert aussi un jeu social, et lorsque le prêtre répond « Tu aurais dû mieux me traiter ! » à un homme qui lui demande « Mon père va-t-il guérir ? », impossible de décider si c’est le notable qui parle ou le Seigneur par sa bouche. Le soupçon d’imposture des médiums, entendu çà et là, isole encore le rituel dans une bulle de croyance aussi fervente que prompte à éclater. (Charlotte Garson)

Production: Studio Shaiprod, TV Tours, Studio Orlando, Lom Nath Panwar

Contact copie: Studio Shairprod

Cédric Dupire est autodidacte. Il tourne son premier documentaire en 2005 au Rajasthan avec des musiciens traditionnels. Gaspard Kuentz, formé au Japon, privilégie une approche hybride de ses films. Tous deux partagent le même goût pour l’ailleurs et pour la musique et les sons. Ensemble, ils ont déjà réalisé We Don’t Care About Music Anyway…, présenté à Cinéma du réel en 2010, et Kings of the Wind & Electric Queens (2014), sur la foire aux animaux de Sonepur.