Cinéma du Réel - Festival international de films documentaires
Voglio dormire con te
D.R.

Voglio dormire con te

Mattia Colombo

2015 / France, Italie / 75 min

i Samedi 21 Mars 21H00 Luminor
X fermer

Version originale sous-titrée en français et anglais +DÉBAT

i Jeudi 26 Mars 15H45 Petite salle
X fermer

Version originale sous-titrée en français et anglais +DÉBAT

i Vendredi 27 Mars 19H15 Forum des images 100
X fermer

Version originale sous-titrée en français et anglais

Né d’une insomnie elle-même née d’une rupture amoureuse récente, Voglio dormire con te trouve une forme et un ton singuliers, entre ébauche et murmure, pour aborder ce qui généralement ne peut être montré à l’écran que surdramatisé : le désamour d’un couple, ou peut-être moins que cela, la précarité actuelle de l’état amoureux, l’incertitude aujourd’hui de pouvoir s’aimer au futur. Comme certaines langues qui possèdent un présent progressif, les séquences s’écoulent ici l’une dans l’autre, en recréant par leur enchaînement une discrète inquiétude sur l’avenir du récit. « Un jour j’ai séparé nos affaires »… L’acuité du regard de Mattia Colombo se pose autant sur l’intimité qui passe entre deux êtres que sur les objets de leur quotidien dont il extrait une force métaphorique – ainsi de cette gravure de bouquetins tête contre tête qui trône dans la chambre de « Bambi » et de son ex-amie, qui fait ses cartons. Ainsi des instructions de Steve, professeur de tango : « la main de l’homme doit délimiter un espace fermement ». Tendre ironie, c’est la mère du cinéaste, déroutée de ne pas s’être vue présenter « quelqu’un de définitif, d’officiel », qui prend à bras le corps la métaphore : l’amour serait un « sac à dos » dont on pourrait changer mais qui devrait à la fois contenir « la joie et la famille »… Tantôt le filmeur se frotte aux amours des autres, tantôt c’est un amant tout juste rencontré qu’il sonde face à face – jusqu’à ce que ce qu’il fraye dans cette intimité lui soit à son tour renvoyé. (Charlotte Garson)