Cinéma du Réel - Festival international de films documentaires
Une partie de nous s’est endormie
D.R.

Une partie de nous s’est endormie

Marie Moreau

2015 / France / 46 min

i Vendredi 20 Mars 16H00 Cinéma 2
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Version originale française sous-titrée en anglais

Projeté avec :
Helikopter – Hausarrest de Constantin Hatz
i Dimanche 22 Mars 15H45 Petite salle
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Version originale française sous-titrée en anglais +DÉBAT

Projeté avec :
Helikopter – Hausarrest de Constantin Hatz
i Mercredi 25 Mars 21H00 Luminor
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Version originale française sous-titrée en anglais +DÉBAT

Projeté avec :
Helikopter – Hausarrest de Constantin Hatz

« Je cherche mon identité. Vous l’avez-vue ? »… Djilali, ancien détenu de longue durée, marche dans des ruelles à l’obscurité protectrice. Parfois l’architecture avignonnaise semble figurer son intériorité, son passé sombre et voyageur, comme rabougri en lui. Derrière lui, Marie Moreau est bien plus qu’une documentariste : à l’évidence, la richesse d’échanges prolongés a nourri cette déambulation. À tel point que Djilali dit à un moment avoir rêvé d’elle « qui coulait, aspirée par les profondeurs » – submergée, peut-être, par son écoute si intense qu’elle ne saurait laisser indemne la cinéaste, qui filme et prend le son seule. Dans ce film parlé-marché, le récit de rêve, le travelling d’accompagnement et l’autobiographie peut-être fictionnée fusionnent en un projet partagé : « T’as combien de moments ? Combien il te faut de moments pour faire un film ? » s’enquiert Djilali. Le montage épouse par sa forme une coulée onirique indissociable des états provoqués autrefois par la drogue et aujourd’hui par une ahurissante « camisole psychique ». « Malgré l’habitat, je me considère comme SDF », confie le marcheur. Noureddine, Kamel, Mustapha et même Isaac – les alias multiples de Djilali – mais aussi ses citations de Dante et des mémoires de Jacques Mesrine sont autant d’identifications qui lui servent à bâtir son propre mythe. À s’ériger dans le regard de Marie Moreau une maison de cinéma aux fondations plus solides qu’une HLM, pour enfin, peut-être, pouvoir habiter au grand jour le monde extérieur. (Charlotte Garson)