Cinéma du Réel - Festival international de films documentaires
Gyeong-gye
D.R.

Gyeong-gye

Jeong-hyun Mun, Vladimir Todorovic, Daniel Rudi Haryanto

2014 / Corée du Sud, Indonésie, Singapour / 87 min

i Mardi 24 Mars 16H30 Forum des images 100
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i Jeudi 26 Mars 16H00 Cinéma 2
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Version originale sous-titrée en français et anglais +DÉBAT

i Vendredi 27 Mars 21H00 Luminor
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Dans ce road movie épistolaire, les sentiers bifurquent, et pour cause : trois réalisateurs de nationalité différente y campent sur des frontières mouvantes, fourchues. Tout commence avec une frontière intérieure : celle du résident étranger, dont le vertige de retrouver au supermarché local son plat préféré « de chez lui » est somme toute très doux. Et celle symétrique, du visiteur indonésien (Rudi Haryanto) qui voit en Tokyo « un cinéma géant ». Mais le découpage de Gyeong-Gye progresse vers des sensations moins rêveuses : fossé entre le rêve des ouvriers étrangers et leur vie à Singapour, liquidation d’un quartier de Cape Town qu’une famille immigrée vit comme un déracinement… Bientôt l’altérité sur un territoire prend la forme de la ruine où seul un récit peut réinsuffler de l’Histoire, comme sur l’île indonésienne où deux-cent-cinquante mille Vietnamiens furent recueillis il y a quarante ans. Le découpage du film intériorise la frontière, et la rend plus dolente. L’oncle de Mun Jeonghyn, résident japonais  coupé de sa famille nord- et sud-coréenne depuis soixante-cinq ans, incarne à lui seul l’arbitraire de la frontière. Sans doute le bateau de l’ami de Vladimir Todorovic, construit avec des panneaux routiers, pourrait aider à se repérer dans le monde ainsi taillé sans attention pour les liens humains… Mais la crise a eu raison de ce véhicule composite. Voguer à son gré, pouvoir se repérer : ce qui devrait être le simple de l’homme n’a jamais été aussi entravé que depuis que la technologie l’a rendu possible. (Charlotte Garson)