Cinéma du Réel - Festival international de films documentaires
La  Chambre bleue
D.R.

La Chambre bleue

Paul Costes

2015 / France / 48 min

i Samedi 21 Mars 18H30 Luminor
X fermer

Version originale française sous-titrée en anglais +DÉBAT

Projeté avec :
L' Amie d'Amélie de Clémence Diard
i Lundi 23 Mars 13H30 Cinéma 1
X fermer

Version originale française sous-titrée en anglais +DÉBAT

Projeté avec :
L' Amie d'Amélie de Clémence Diard
i Jeudi 26 Mars 19H30 Centre Wallonie Bruxelles
X fermer

Version originale française sous-titrée en anglais

Projeté avec :
L' Amie d'Amélie de Clémence Diard

« Mourir ça va vite. Disparaître, ça prend beaucoup plus de temps. Je me suis fait la réflexion quand j’ai instinctivement voulu annoncer à mon père que ma femme était enceinte, en 2010. Alors que mon père était mort depuis déjà plusieurs années… » Depuis ce décès en 2002, Paul Costes a maintes fois entendu qu’il était temps de faire le deuil – injonction contemporaine devenue banale. En mêlant home movies en super-8 et tête-à-tête actuels avec des membres de sa famille à qui il propose d’organiser un repas pour commémorer les dix ans de la mort de son père, le cinéaste monte une comédie digressive qui est aussi une lettre à l’absent. Au passage, il s’aperçoit que les vivants ne sont ni si pressés que cela de se réunir, ni prompts à se souvenir. « On ne sent plus trop qui il était… Quand quelqu’un est mort, il se fige », dit la mère pourtant inconsolable. Les films familiaux du grand-père – deux décennies d’anniversaires captés sur pellicule – ont-ils accompli leur « devoir » rituel d’immortalisation, ou au contraire documenté une hémorragie temporelle ? Voyage mental mais aussi régional chez des notables gascons, La Chambre bleue croise les confidences des femmes de la famille avec le rapport au souvenir plus biaisé des hommes, des non-dits des frères au discours aux derniers poilus proféré à nouveau par le grand-père qui fut longtemps maire. Monter, commenter, rejouer : autant de manières de réveiller une mémoire qui tardait à répondre à l’appel. (Charlotte Garson)