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Mangrove School

Sónia Vaz Borges
Filipa César
2022 France, Portugal 35 min
sam 12
mars
18h30
Centre Pompidou - Cinéma 1
Réserver
mer 16
mars
18h10
MK2 Beaubourg
Réserver
jeu 17
mars
16h00
Bulac

Nous étions parties pour étudier les conditions de vie des élèves dans les écoles de la résistance, situées dans les mangroves. Nous nous sommes bien vite retrouvées en position d’apprenantes – et la première leçon a été de réapprendre à marcher. Dans les écoles de brousse, c’est le corps entier qui est mobilisé lors de l’apprentissage. 

Une main fantomatique sort de l’eau pour s’agripper à une branche. Une branche amie qui sait offrir refuge en terre basse. Pendant la lutte anticoloniale contre l’occupation portugaise, les écoles libres de Guinée Bissau devaient régulièrement changer de lieux pour éviter les bombardements. Les écoles se sont alors enfoncées dans la jungle et ont trouvé les mangroves. Un système végétal qui semble avoir poussé et s’être développé précisément pour accueillir et protéger les écoles des bombes et de l’enseignement imposé par les colons. C’est comme si cet écosystème, difficile d’accès, invitait à la lutte. Comme les montagnes, les maquis, les jungles pour les guérillas, en Guinée-Bissau la nature fait alliance. Filipa César et Sonia Vaz Borges les filment comme des infrastructures à l’architecture en réseau. Elles y replacent des jeunes corps apprenants à qui l’on transmet l’héritage de la lutte anticoloniale et de cet environnement. Les cinéastes réinvestissent la plante comme lieu de transmission, d’éducation radicale, à l’écoute de la mémoire des luttes. Le film se fait manuel de l’investissement de ses rameaux. On reproduit les tissages et les consolidations pensés en collaboration avec la mangrove, on restaure les savoirs. Les tentacules alliés rappellent que la lutte était destinée à repousser l’occupation coloniale qui s’employait à arracher les racines des hommes et des femmes. Les branches de la mangrove sont puissantes et invitent au réseau, au collectif, à l’horizontalité. C’est la structure en rhizome de Deleuze et Guattari, loin des racines uniques, verticales et hiérarchiques ; une structure résistante.

Clémence Arrivé


Lire l’entretien avec Filipa César & Sonia Vaz Borges

Sónia Vaz Borges

Sónia Vaz Borges est une historienne militante interdisciplinaire et coordinatrice socio-politique. Elle a obtenu son doctorat en philosophie à l’Université Humboldt de Berlin. Elle est l’auteure du livre Militant Education, Liberation Struggle; Consciousness: The PAIGC education in Guinea Bissau 1963-1978, (Peter Lang, 2019). Elle est actuellement chercheuse à l’Université Humboldt de Berlin. Dans le cadre de son travail universitaire, Vaz Borges développe une proposition de livre axée sur son concept d'”archives ambulantes” et sur le processus de la mémoire et des imaginaires.

Filipa César

Le travail de Filipa César s’étend de la réalisation de films à l’écriture en passant par le commissariat d’assemblées. Elle s’intéresse aux aspects fictionnels du montage cinématographique, aux frontières poreuses entre image en mouvement et réception, ainsi qu’à l’économie, la poétique et la politique inhérentes à la praxis du cinéma. Ses recherches sur les imaginaires du mouvement de libération de la Guinée-Bissau, comme laboratoire d’épistémologies décolonisatrices, ont débuté en 2011 et se sont développées dans de nombreux projets collectifs tels que Luta ca caba inda et Mediateca Onshore. Son travail a été présenté internationalement dans des festivals de cinéma, des biennales et des lieux d’art.

sam 12
mars
18h30
Centre Pompidou - Cinéma 1
Réserver
mer 16
mars
18h10
MK2 Beaubourg
Réserver
jeu 17
mars
16h00
Bulac
Production :
Filipa César; Spectre productions
Image :
Jenny Lou Ziegel
Son :
Marinho de Pina
Montage :
Jenny Lou Ziegel
Contact copie :
production@spectre-productions.com

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