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Le Chant des oubliés

The Song of the Forgotten
Luc Decaster
2022 France 61 min
sam 12
mars
14h30
FDI 300
Réserver
mar 15
mars
13h30
Centre Pompidou - Cinéma 1
Réserver
Dans la même séance : Third Notebook

Usine Semperit d’Argenteuil. Face au caoutchouc en fusion, des corps s’engagent entre les
rouages des machines. Le couperet tombe : délocalisation. Une symphonie s’empare alors du
récit : surgit la destruction des machines, des murs… et d’une communauté étonnante.

« On lâche rien »… Ils sont une poignée, trente, cinquante peut-être, pas plus… La musique de HK résonne fort pour le dernier tour de piste. Ils chantent, s’égosillent encore mais les visages sont marqués. Tout à la fois par le travail depuis des années dans cette usine de caoutchouc à Argenteuil, par la lutte qui s’épuise, par l’inquiétude des jours sans travail qui se profilent. Nous sommes au XXIe siècle, on se souvient quand les débuts du cinéma chantaient avec le début du XXe siècle l’invention industrielle, ces symphonies à la gloire des machines. On se souvient aussi quand le cinéma militant s’inventait pour participer à des luttes ouvrières dans les années 70, ces récits épiques à la gloire des hommes. Dans le vide de l’usine où traînent encore quelques ouvriers en costume de ville comme sur la place du village, de ces images du siècle précédent, il ne reste que celles que nos  souvenirs convoquent à partir de ces quelques paroles, quelques gestes du travail, quelques machines encore en marche, comme en suspension, que le cinéaste nous offre avec parcimonie, retenue, délicatesse. Pour Luc Decaster, qui en cinéaste engagé a filmé les ouvriers en lutte pendant plus de vingt ans, il s’agit de continuer à tourner, de continuer à témoigner. Sans nostalgie excessive. La trace du travail et le vide qui gagne, et puis peu à peu le désordre, l’abandon, le post-industriel et la disparition du paysage par destruction à coup de pelles hydro-électriques, pinces à béton et à ferraille. Se déploie ainsi une autre symphonie, en accord avec notre siècle, avant que tout soit effacé et qu’on ait tout oublié de la classe ouvrière.

Catherine Bizern


Lire l’entretien avec Luc Decaster

Luc Decaster

Luc Decaster a grandi à Saint-Nazaire, « capitale des constructions navales ». Pendant son adolescence durant laquelle il prépare un Brevet Industriel de chaudronnier, il est marqué par les grèves dures, les affrontements des ouvriers des chantiers de l’Atlantique avec les CRS. Devenu dessinateur industriel chez Chausson en Région Parisienne, derrière le mur du bureau d’études, il découvre le taylorisme dans les ateliers de presses : les mains calleuses, les visages creusés des OS à la chaîne. Parallèlement, il entreprend des études d’histoire et se spécialise dans les recherches sur le mouvement ouvrier. Puis, il devient professeur d’histoire. Il reprend des études de cinéma à l’université. En 1991, il quitte l’enseignement et réalise ses premiers films autour d’Argenteuil, où il réside : des films qui évoquent, sans compassion, des bribes de vies de gens qui lui sont proches. Les oubliés de l’histoire.

sam 12
mars
14h30
FDI 300
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mar 15
mars
13h30
Centre Pompidou - Cinéma 1
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Dans la même séance : Third Notebook
Production :
Macalube Films, Vià Vosges, Lyon Capitale TV
Image :
Luc Decaster
Son :
Luc Decaster, Eric Lesachet
Musique originale :
Marius Atherton
Montage :
Claire Atherton
Contact copie :
macalubefilms@gmail.com

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