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Ceux de la nuit

Sarah Leonor
2022 France 70 min
sam 12
mars
20h00
MK2 Beaubourg
Réserver
mer 16
mars
16h30
Centre Pompidou - Cinéma 1
Réserver

La frontière franco-italienne au col de Montgenèvre. Le jour : le tourisme, des capitaux investis pour rentabiliser la montagne, des emplois saisonniers qui font vivre une grande partie des habitants de la région. La nuit : le destin fragile de plus de dix mille hommes, femmes, enfants, qui, en l’espace de quatre ans ont franchi la frontière au péril de leur vie, et qu’on n’a pas vus, qu’on ne voit pas, qu’on ne verra jamais.

Quels récits ont façonné les chemins du col de Montgenèvre et de la vallée de la Durance ? Le passage de la voie romaine, les troupeaux qui rejoignent leurs pâturages, les migrants venus d’Italie, Hannibal et ses éléphants peut-être. Le paysage se façonne et s’écrit par ceux qui sont passés là, tous ceux qui le traversent inscrivent leur passage. Peut-être que les personnes en exil se sont servi des chemins escarpés empruntés par les troupeaux, peut-être est-ce l’inverse. Quelles sont les histoires nouvelles de la vallée ? Aujourd’hui des personnes exilées cherchent la route pour Briançon en évitant les barrages de flics. La nuit, des hommes et des femmes viennent éclairer et baliser les sentiers pour les aider. Autrefois on jouait du cor pour signaler les chemins aux égarés. Sarah Leonor regroupe et recoupe les histoires, des histoires de versants, des histoires opposées, des histoires croisées. Des voix récitent les témoignages des personnes habitant la vallée et recouvrent les paysages abrupts. Ceux du jour ont des histoires plus gaies que ceux de la nuit. C’est que les frontières se passent de nuit, et que la frontière existe pour certains et plus vraiment pour d’autres. Mais sur les chemins, les histoires et les destins se croisent. Et ceux du jour trouvent parfois les corps de ceux de la nuit en haut des pistes de ski ou sur leurs routes. Par éclats, la montagne livre son récit. Le film de Sarah Leonor est un travail de lecture : lire le paysage pour qu’il nous laisse voir ceux qu’on ne voit pas, les vies obscures, non désirables, égarées, qui se cachent mais qui laissent leurs traces. 

Clémence Arrivé


Lire l’entretien avec Sarah Léonor

Sarah Leonor

Sarah Leonor est née en 1970 à Strasbourg. Elle y a d’abord étudié l’histoire de l’art et le russe, avant de suivre un cursus d’Études Cinématographiques et Audiovisuelles à l’Université Paris 7 – Jussieu. Son mémoire de recherches portait sur le cinéaste arménien Arthur Pelechian, dont les enseignements constituent sa formation de cinéaste. Son premier court-métrage, Napoli 90’, réalisé en Italie avec Benoît Finck, est sélectionné en 1994 à Cinéma du réel. Suivent plusieurs courts-métrages diffusés dans de nombreux festivals. Le moyen métrage L’Arpenteur, co-réalisé en Arménie avec Michel Klein, obtient le prix Jean Vigo en 2002.  Ses deux premiers longs métrages de fiction, Au voleur (2009) et Le Grand Homme (2014), ont commencé leurs carrières festivalières respectivement aux festivals de Locarno et de Toronto. 

sam 12
mars
20h00
MK2 Beaubourg
Réserver
mer 16
mars
16h30
Centre Pompidou - Cinéma 1
Réserver
Production :
Sésame Films, Les Films Hatari
Image, Son, Montage :
Sarah Leonor
Contact copie :
mk@lesfilmshatari.com

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