Xu Jiao

  • Shengze Zhu
  • 2014
    • Chine
  • 88 min

Xu xiao regarde l’urbanité chinoise à travers la « découverte » de la photographie par des enfants. Les participants d’un atelier qu’a animé Shengze Zhu dans une école pour « enfants migrants » de Wuhan, au centre de la Chine, ont une dizaine d’années. Filmant d’abord le toit de l’école (un immeuble de quatre étages aménagé chichement pour deux cents écoliers), Zhu y montre les enfants surgir de la porte qui y donne accès – plan inaugural où se dit la joie d’investir un territoire du regard. Un point de vue, au sens panoptique comme cinématographique du terme. Vertical ou horizontal, le mouvement panoramique de la caméra s’impose en figure de style récurrente d’un documentaire qui s’emploie à relier le haut et le bas – l’horizon aperçu du toit et les intérieurs domestiques surchargés –, l’ici et l’ailleurs – le bouillonnement urbain qui surprend les enfants campagnards, et le calme désert de leurs villages. Plutôt qu’une alternance de séquences chez les uns et les autres, le film recèle en son cœur le portrait détaillé de la vie d’une élève et de sa famille, Qin, préadolescente pressée d’avoir accès aux nouvelles technologies et furieuse que ses parents aient eu trois enfants. Ce choix d’une seule famille enchâssée dans le cadre de l’atelier collectif donne au film une force singulière, qui fait heureusement mentir le flou de son titre. (Charlotte Garson)