Uppland

  • Edward Lawrenson
  • 2018
    • Royaume-Uni
    • Irlande
  • 29 min
  • Couleur
  • Production
  • Edward Lawrenson, Killian Doherty

Accompagnant un architecte intrigué par la présence de constructions occidentales au Libéria, le cinéaste filme l’ancienne ville minière de Yekepa, au Nord du pays. La company town est devenue une ghost town : piscine vide et bâtiments modernistes sont les derniers restes d’une intense activité quatre décennies durant, lorsque la société américano-suédoise Lamco y avait installé « une vraie Amérique » – ce que les films institutionnels et les Super 8 familiaux retrouvés confirment. Le vigile d’un édifice désaffecté a un sursaut d’espoir en voyant arriver le réalisateur : vient-il relancer la mine ? Parvenu de haute lutte à parler à des habitants, Edward Lawrenson prend la mesure de la dévastation que le retrait de l’industrie a causée. Il creuse encore la relation coloniale en allant parler à des membres de la tribu des Mano, déplacée au moment de l’arrivée des premiers géologues européens. Depuis que le docteur Clarke a débarqué à Yekepa, selon eux, le zena, bête velue et chenue des montagnes, a disparu. Entre les habitants du centre-ville, éduqués dans l’institution évangélique fondée par les Américains, et ceux du Vieux Yekepa, les versions divergent. Sous le coût économique et environnemental de la mondialisation, Uppland décèle un coût spirituel, non moins élevé, non moins dévastateur. (Charlotte Garson)