Roubaix, une lumière


  • Arnaud Desplechin

  • 2019
    • France
  • 119 min
  • Couleur
  • PRODUCTION
  • Why Not Productions, Arte France Cinéma, avec la participation de Canal+ et de Ciné +

PROJECTIONS

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À Roubaix, un soir de Noël, Daoud le chef de la police locale et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude et Marie, sont arrêtées.
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CONTACT COPIE : Le Pacte, distribution@le-pacte.com

« Un soir, rentrant d’une journée de mixage, j’allume la télé et je zappe comme à mon habitude, se souvient Arnaud Desplechin. Un titre m’apparaît : Roubaix, commissariat central... et le monde s’arrête. Je me dis : c’est pour moi ! » Et ce film, dans lequel deux habitantes d’une courée nous apparaissent d’abord comme victimes, se révèlent peu à peu suspectes, puis coupables, le happe et le marque durablement. L’habitera pendant onze ans. [...] Qui saura dire s’il existe un précédent au film d’Arnaud Desplechin – si un documentaire a déjà fait l’objet d’une telle mise en fiction ? Le cas des deux Roubaix pose en tout cas de manière éloquente la distinction entre ces deux régimes de représentation. Et donne au cinéaste, peu familier du genre documentaire, l’occasion de répondre à la perplexité qu’exprime son interlocuteur face à son entreprise, en exposant de façon convaincante sa prédilection pour le mode fictionnel. « J’adore cette phrase absurde, altière et un peu mystérieuse de François Truffaut : “ Je suis contre le documentaire ”, commence-t-il par dire. Il détestait « Nanouk l’Esquimau ». C’est bizarre de détester ce chef-d’œuvre absolu qui a inspiré à Chaplin « La Ruée vers l’or » et sur lequel a écrit André Bazin. À la réflexion, je crois qu’il ne l’aimait pas parce que ce qui s’y passe advenait à un autre plutôt qu’à lui. Voilà ce qui me semble distinguer la fiction du documentaire : l’identification. Annie et Stéphanie, je les contemple dans le film de Mosco Boucault. En elles, je vois des sœurs ; mais je m’empêche de m’identifier à elles. J’éprouverais de la culpabilité à m’identifier à des personnes marquées par des conditions de vie aussi difficiles. Cela, la fiction le permet, parce qu’elle repose sur une convention ; parce que Léa Seydoux et Sara Forestier ne sont pas Claude et Marie. Grâce aux acteurs et aux actrices, ce qui se passe dans une fiction m’arrive un tout petit peu à moi, m’offre la possibilité d’une expérience. »

–François Ekchajzer (Télérama, 21 août 2019)

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