ParisDOC Feedback pro - Restaurer un film, restaurer une œuvre ?


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PROJECTIONS

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La programmation Cannes classics au festival de Cannes, le marché International du film classique au festival Lumière à Lyon, le festival Toute la mémoire du monde à la cinémathèque française, la multiplication des plates-formes dédiées au cinéma et la travail précieux de distributeurs et d’éditeurs  pour donner accès au public d’œuvres appartenant à notre patrimoine cinématographique, vient en contrepoint de la frénésie de renouvellement (des auteurs, des formes et des films accessibles au public) dans laquelle est engagé le cinéma.  Dans toutes ces initiatives, le cinéma de fiction à la place de choix. Pourtant le cinéma documentaire compte de grands auteurs, des chefs d’œuvres et une histoire riche et remarquable. Une histoire qui sans doute en terme de production – et de restauration - passe par des questions qui lui sont spécifiques, l’utilisation privilégiée du 16 mm dans les années 60 puis de la vidéo à partir des années 80 en est une parmi d’autres. Il est aussi le cinéma et compte par ailleurs un public et des lieux de diffusion consacrés (festivals, plates formes dédiées, éditeurs spécialisés…). Il compte aussi des initiatives de restauration remarquables et un travail de fonds dont il faut se faire écho et qu’il faut aussi accompagner.  Cinéma du Réel se propose d’inaugurer cette année une fenêtre dédiée au cinéma documentaire de patrimoine et à ceux qui s’y engagent. Une fenêtre d’exposition, de réflexion et de débat. La cinémathèque suisse s’est engagée depuis plusieurs années dans la restauration systématique de ceux qui ont fait le nouveau cinéma suisse à la fin des années soixante et qui pour la plupart, ont réalisé de premiers films documentaires. Les Apprentis le premier film d’Alain Tanner vient de faire l’objet de ce travail de restauration. A l’occasion de sa projection – en première mondiale – au Cinéma du Réel nous voudrions interroger le choix des œuvres à restaurer en ces termes : Restaure-t-on l’œuvre d’un cinéaste dans son entier faisant ainsi à la fois un travail de conservation mais aussi de filmographe ou bien restaure-t-on un film singulier pour sa valeur propre, sa place dans l’histoire du cinéma, ou encore pour son potentiel commercial et sa capacité à intéresser un nouveau public ?

INTERVENANTS : Julie Bertuccelli (cinéaste, présidente de la SCAM), Laurent Cormier (directeur du Patrimoine cinématographique au CNC), Joël Daire (directeur du Patrimoine à la Cinémathèque française), Alann Héry (directeur du département technique à l’INA), Frédéric Maire (directeur de la Cinémathèque suisse), Gaël Teicher (distributeur La Traverse films)

Rencontre précédée par la projection du film 

LES APPRENTIS, d'alain Tanner
1964 / Suisse / 73 min / Noir & blanc

Claude Goretta, Henry Brandt et Tanner, estimant l’occasion rêvée de « faire bouger un peu les choses, puisque la nouvelle loi sur le cinéma allait entrer en vigueur », mettent sur pied le projet d’une série de moyens métrages documentaires sur des sujets traitant de la vie sociale du pays. « Moi j’avais un projet sur un groupe d’apprentis en milieu urbain à Genève. » [...] Tanner en choisit une dizaine : « Jeunes gens de la campagne émigrant en ville, type purement urbain (à Genève, par exemple). J’ai cherché à les saisir dans leur activité quotidienne ; la forme était difficile à trouver, car je ne pouvais faire «jouer» les apprentis que jusqu’à un certain point au-delà duquel ils devenaient ridicules. J’ai également réalisé des interviews qui serviront d’articulation dans le film. » [...]
Présenté en première au cinéma central de l’Exposition nationale suisse de 1964, le film sort en salle en juin à Lausanne,[...] il génère un intérêt passionné dans la presse suisse, mais rend perceptible la difficulté des journalistes à parler de cet objet. [...] « Le film se laisse malaisément définir, car il n’est ni un film de fiction, ou pourrait-on dire à scénario, ni un documentaire. » Ce que l’on apprécie dans le film, ce sont finalement ces qualités techniques et artistiques ainsi que sa portée sociologique, critères invoqués individuellement ou en même temps.
–Laura Legast, Histoire du cinéma suisse de 1962 à 2000, Editions Cinémathèque suisse et Gilles Attinger, 2007

Film restauré par la Cinémathèque suisse, avec le soutien de Memoriav, au laboratoire Cinegrell (Zürich)

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