Pagani

  • Elisa Flaminia Inno
  • 2016
    • Italie
  • 52 min

À Pagani, au pied du Vésuve, les célébrations de Notre-Dame-des-Poules restent empreintes d’une religiosité préchrétienne qui anime encore organisateurs et habitants. Le film s’ouvre sur la confession mystérieuse mais touchante de Fonzino : « Avant de mourir, mon cousin Franco m’a donné les clés… Il m’a dit que je devais continuer ça… Sinon… » Ainsi inscrite dans une dynamique de transmission affective, la fête traditionnelle est d’emblée plus intéressante qu’un pur folklore. Mais la tradition a en soi plusieurs traits fascinants, dont le rôle capital qu’y jouent les femminielli, hommes habillés en femme, êtres supérieurs qui font le trait d’union entre les sexes mais aussi entre naissance et mort. On voit ainsi Biagino, femminiello qui chante merveilleusement, rejouer avec ses compagnes l’accouchement d’Anne, durant lequel un « poupon noir au pénis géant » est soudain brandi comme pour un exorcisme. Le film suit chronologiquement les étapes de la fête qui commence sept jours après Pâques et culmine, trente jours après l’érection d’un autel à la madone (le tosello), par une procession avec sa statue. Par la suite, le soin que les protagonistes mettent à confectionner les accessoires et à entretenir lieux et animaux montre surtout combien cette symbolique compliquée et ancienne imprègne leur quotidien, entre vigueur cathartique et sentiment d’avoir sa place, sa fonction indispensable dans la communauté. (Charlotte Garson)

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