Où gît votre sourire enfoui ?


  • Pedro Costa

  • 2001
    • Portugal
  • 104 min
  • Couleur
  • PRODUCTION
  • AMIP, ARTE, INA

PROJECTIONS

  • L
  • M
  • M
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  • V
  • S
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Pedro Costa filme Danièle Huillet et Jean-Marie Straub dans le cadre d’un atelier qu’ils ont animé au Fresnoy, Studio national des arts contemporains. Danièle Huillet est aux manettes. Jean-Marie Straub arpente la salle de montage. Tous deux discutent et commentent, dans un va-et-vient constant entre théorie et artisanat, le travail méticuleux qu’ils sont en train d’opérer sur trois ou quatre séquences de Sicilia ! 

Chez les Straub-Huillet, (...) les textes sont interprétés comme des partitions musicales, les acteurs priés de mettre l’accent sur telle ou telle syllabe. Ici, la matière vivante (les acteurs, la lumière, la nature) n’est plus directement là. Reste une matière filmique à travailler jusqu’à la moelle, jusqu’à ce que naisse « la Forme » : « Il y a d’abord l’idée, puis la matière, puis la forme », déclare solennellement Straub, comme s’il s’agissait d’un enga­gement politique. Une phrase qui résonne comme une maxime bressonienne, avant que ne soit rajouté : « Le reste, c’est de la sauce. » Les voix bourrues des deux par­tenaires, apposées sur les images malaxées par la table de montage, résonnent aussi dans l’espace sombre de leur salle de travail. La fixité des plans (marque stylis­tique de Costa) se fait le prolongement visuel et tempo­rel de leur rigueur et de leur patience. S’inscrit dans le cadre un autre point d’attention que le moniteur : Straub, dans l’ouverture de la porte, fait son show. Les deux formes d’écran voisinent et, dans cette chambre noire, décor familier au réalisateur portugais, se des­sinent un très beau plan de travail et un superbe portrait de cinéastes. A la fois dans la proximité (on a le nez sur la matière filmique) et dans la distance (notamment humoristique : « Taisez-vous Straub ! »), dans l’unité du couple et dans la confrontation, cette « comédie du remontage » se calque sur la persévérance des cinéastes pour, dans la durée, faire émerger une forme, un sourire dans des yeux, et soulever la véritable nature de l’émo­tion cinématographique. 
–Amélie Dubois (Les Inrockuptibles, Janvier 2003) 

  • Pedro Costa

Il suit des cours d'histoire à l'université de Lisbonne mais abandonne pour se tourner vers un cursus de cinéma à l'École supérieure de théâtre et de cinéma (Escola Superior de Teatro e Cinema). Il dirige son premier film intitulé Le sang (O sangue) en 1989.
Il a reçu le Prix France Culture (meilleur cinéaste étranger de l’année) pendant le Festival du film de Cannes en 2002 pour son film Dans la chambre de Vanda. Colossal Youth a été sélectionné au Festival du film de Cannes 2006 et a remporté le Independent/Experimental prize (Los Angeles Film Critics Association) en 2008.

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