La Mort de Louis XIV

The Death of Louis XIV

  • Albert Serra

  • 2016
    • France
    • Portugal
    • Espagne
  • 115 min
  • Couleur
  • PRODUCTION
  • Capricci Films, Rosa Filmes, Andergraun Films

PROJECTIONS

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Août 1715. À son retour de promenade, Louis XIV ressent une vive douleur à la jambe. Les jours suivants, le Roi poursuit ses obligations mais ses nuits sont agitées, la fièvre le gagne. Il se nourrit peu et s’affaiblit de plus en plus. C’est le début de la lente agonie du plus grand roi de France, entouré de ses fidèles et de ses médecins.
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Cinquante ans, c’est pile ce qui sépare le film d’Albert Serra de « La Prise de pouvoir de Louis XIV », produite et diffusée en 1966 sur les ondes hertziennes de l’ORTF. Le réalisateur catalan a beau s’en défendre : il se trame comme une continuité souterraine entre l’œuvre maîtresse de Roberto Rossellini pour la télé française et sa « Mort de Louis XIV », qui vient reprendre la trajectoire du Bourbon cinq décennies après son ascension, tandis que l’homme se meurt laborieusement dans le confinement de sa chambre. Au-delà du raccord de calendrier, ce sont plusieurs hasards et résonances, qui opèrent comme autant de passerelles et font de ces deux films une sorte de diptyque secret.
[...] « La Mort de Louis XIV » est à la fois une fiction sur un roi qui meurt et un documentaire sur un acteur qui vieillit, jamais très loin de l’esprit cruel de ce jeu d’enfant consistant à recouvrir une limace de gros sel pour la regarder se tordre en tous sens. Si ni le Soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement, Serra profite donc que les lumières s’éteignent pour fixer plein cadre une double vanité, à la fois nature morte (un corps en train de pourrir) et naufrage d’un imaginaire (la monarchie de droit divin). Croulant sous sa perruque moutonnante, étouffant de chaleur derrière ses draps de velours, le roi semble voir son énergie vitale aspirée par les signes et postiches qui hier composaient sa grandeur. Avec « La Prise de pouvoir de Louis XIV », Rossellini radiographiait le déploiement réfléchi d’un protocole symbolique, visant à soumettre l’appareillage politique à une pure vue de l’esprit. Cinquante ans plus tard, Serra opère sans autre forme de procès la vengeance patiente du biologique, en soumettant cette force autocratique aux lois fatales du réel [...]. Une vengeance qui, à vrai dire, confirme un peu plus la résolution – en partie vaine, mais totalement vertigineuse – du cinéma de Serra : arracher les mythes de leur profond sommeil, pour les livrer sans délai l’expérience de leur propre extinction.
–Louis Blanchot (Chronic’art.com, 2 novembre 2016)

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