Holy Field Holy War


  • Lech Kowalski

  • 2013
    • France
    • Pologne
  • 105 min
  • Couleur
  • PRODUCTION
  • Revolt Cinema

PROJECTIONS

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Partout dans le monde, les petits agriculteurs sont menacés. Leur lutte pour survivre se fait loin des camé­ras et des médias. En Pologne, un pays où plus de 60% de la surface est occupée par l’agriculture, de nouveaux acteurs sont en compétition pour s’accaparer les terres. 
Réunis dans la salle communale, les villageois sont priés d’assister à l’exposé Powerpoint du dirigeant de Chevron en Pologne. Quand bien même les vibrations des camions chargés de forer le sol ont déjà craquelé les murs des maisons et causé la souillure de l’eau des sources, l’homme, entouré d’un traducteur et de la maire, entame son exposé en assurant que tout est sous contrôle et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Les normes sont respectées – la preuve, comme le montre le slide, Chevron a signé un « engagement ». [...] La confronta­tion qui s’engage met à nu deux dynamiques : celle de la communication contre celle de la politique. Dans la première, un corps accepte de ne plus être que le mail­lon d’une chaîne de discours sans origine, sans respon­sable. Représentation de la représentation de la repré­sentation, corps-écran comme on le dit d’une société : discours de tout le monde et de personne, discours-logo (et il est si facile d’en changer), impersonnalité radicale. La seconde dynamique est celle, toujours magnifique et triomphante quand bien même elle aboutirait à une défaite, animant ceux qui, d’abord spectateurs, se font acteurs. Et, davantage encore, corps politique. C’est bien cela qui s’invente et se constitue sous nos yeux, dans la parole qui lie un corps à un autre, une existence à une autre, et fait sujets d’une histoire collective des individus condamnés jusqu’alors à subir. 
–Raphaël Nieuwjaer, Débordements.fr, 26 mars 2014 

  • Lech Kowalski

Le réalisateur Lech Kowalski est une figure culte du cinéma underground. Connu pour ses documentaires polémiques, il a été qualifié par un journaliste, de «guerrier combattant avec sa caméra pour redéfinir l’art du documentaire». Il a notamment filmé de nombreux documentaires sur la scène punk rock, ainsi que sur les sans-abris ou encore les toxicomanes new-yorkais. Il réside en France depuis 1999. Parmi ses films, D.0.A. (1981, sur la tournée des Sex Pistols aux États-Unis), On Hitler's Highway (2002, rencontres de laissés pour compte au long d'une autoroute construite par les nazis et qui mène à Auschwitz), À l'Est du Paradis (2005, portrait de sa mère déportée en Sibérie et autoportrait de l'artiste en déviant américain) et bien d'autres classiques instantanés. Avec quelques complices, en 2008 Lech Kowalski crée l'entreprise Camera War, usage exemplaire des possibilités logistiques et esthétiques actuelles en matière de guérilla visuelle.

 

 

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