Hitler, un film d'Allemagne

Hitler : A Film from Germany
Hitler, ein Film aus Deutschland

  • Hans-Jürgen Syberberg

  • 1977
    • Allemagne
  • 442 min
  • Couleur et N&B
  • PRODUCTION
  • Bernd Eichinger

PROJECTIONS

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En questionnant la figure d’un homme hors norme, le cinéaste cherche à déconstruire et comprendre le pouvoir de séduction des mondes imaginaires mis en scène par Hitler lui-même. 
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CONTACT COPIE : Syberberg Filmproduktion, film@syberberg.de

Syberberg est celui qui nous convie, nous spectateurs de son film, à devenir jurés du procès, qu’en qualité de porte-parole du nouveau cinéma allemand des Herzog, Fassbinder, Schlöndorff, Kluge, Wenders il instruit au dictateur. Ce procès est celui du nazisme et des masses dont la responsabilité dans la catastrophe allemande lui paraît toujours occultée dans le conformisme politique et artistique dominant le miracle économique de l’après-guerre. Hitler, un film d’Allemagne doit passer en revue l’arrivée au pouvoir du Führer, la dictature, la guerre, l’extermination, la défaite pour faire comprendre comment le dictateur ne cesse de hanter l’Allemagne qui voudrait l’oublier. Comme l’écrit le cinéaste, c’est parce que les Allemands sont « persuadés d’être meilleurs que les autres que les morts que nous avons sur la conscience en sont encore à chercher leur Nuremberg ».
Mais le cinéaste Syberberg mène aussi un combat proprement cinématographique contre le cinéaste Hitler qui prit le contrôle de l’industrie du cinéma pour y instituer sa fiction et fit de la guerre mondiale le sujet des documentaires d’actualité : « Hitler a empêché l’existence du cinéma allemand durant 20 ans » jusqu’à sa renaissance grâce au manifeste d’Oberhausen. Sept heures ne sont pas de trop pour se réapproprier les images et les mots confisqués par le nazisme. Dans cet affrontement, s’inscrit aussi une réflexion figurative essentielle sur les corps cinématographiques que peuvent revêtir en 1977 Hitler et les dignitaires nazis. Syberberg choisit de faire de Hitler une marionnette, une poupée, un mannequin, bref de le donner à voir comme le cadavre pourrissant de l’histoire allemande : pas question de lui redonner vie en l’habillant du corps de l’acteur de fiction.
–Pierre Gras (« Deuil impossible ; combat nécessaire », livret du DVD, Floris Films, 2012)

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