En avant, jeunesse !

Colossal Youth
Juventude em marcha !

  • Pedro Costa

  • 2005
    • France
    • Portugal
    • Suisse
  • 155 min
  • Couleur
  • PRODUCTION
  • Ventura Film, Contracosta Produções, Les Films de l'Etranger

PROJECTIONS

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Délaissé par son épouse Clotilde, Ventura, ouvrier cap-verdien de la banlieue de Lisbonne est perdu entre l'ancien quartier délabré où il a vécu jusqu'à présent et son nouveau logement dans un bloc HLM tout juste achevé.

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CONTACT COPIE : Pedro Costa

Le quartier cap-verdien de Fontainhas, dans la banlieue de Lisbonne, vit ses derniers jours. La plupart des 9 000 habitants vont être relogés dans de nouveaux immeubles, plus au nord. Clotilde a quitté son mari, Ventura, 75 ans. Ce dernier, ouvrier cap-verdien de la banlieue de Lisbonne est perdu entre l’ancien quartier délabré où il a vécu jusqu’à présent et son nouveau logement dans un bloc HLM tout juste achevé.
Au dire de Pedro Costa, En avant jeunesse ! est un remake du « Sergent noir », ce film au croisement du western et du film de procès que John Ford réalisa en 1960. A chaque fois, en effet, un homme noir au physique imposant est appelé à représenter et à défendre ses millions de frères et sœurs humiliés par des siècles d’esclavage et de ségrégation raciale. Dans En avant jeunesse !, ce colosse est un Cap-Verdien d’une cinquantaine d’années, Ventura, qui, adolescent, a émigré à Lisbonne pour trouver un travail et un avenir meilleur, loin des « provinces ultramarines » portugaises. [...] Le titre même du film laisse entendre une ironie amère, surtout si on le compare au film qui l’a inspiré : le Ventura de 2006 n’est ni dans la fleur de l’âge, ni en mesure d’ouvrir à son peuple le chemin d’un avenir meilleur. [...] C’est ainsi un film sur un vieil homme essayant de maintenir une certaine cohésion « familiale » (entendons par là la communauté des indigents de Fontaínhas), alors même que le pouvoir tente de la détruire en démolissant les « maisons clandestines » (montrées Dans La Chambre de Vanda), en dispersant les nouveaux sans-domicile fixe dans des « quartiers de pauvres » construits à la va-vite et en légalisant les brutalités policières et les rapatriements forcés (Tarrafal, 2007 ; Rabbit Hunters, 2007 ; O nosso Homem, 2010). Maintenir des liens familiaux dans le Lisbonne des années 2000 semble cependant une tâche bien trop difficile pour le seul Ventura. Trop difficile en tout cas pour ne pas devenir fou...
–Michaël Guarneri (Débordements.fr, septembre 2015)

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