Du zi cun zai

  • SHA Qing
  • 2017
    • Chine
  • 77 min

Un vieil homme puise de l’eau et remonte à grand peine ses seaux sur une rue pentue, deux petites filles passent ; une vieille femme descend prudemment la pente, cette fois enneigée. Bientôt, ces esquisses cèdent le pas à d’autres, prises de plus près, en contrebas. Les allées et venues du dehors sont cette fois-ci marquées par l’intimité questionnante du cinéaste, dont les phrases à la première personne, en surimpression, égrènent les doutes. L’étrange sérénité qui émane des fenêtres où ses voisins vaquent rétrécit encore le point de vue, à mesure que les doutes du filmeur l’envahissent : « Je répète les mêmes vieux mouvements. Tout ce que je veux, c’est ne plus rien sentir... » Vide existentiel et aridité créatrice transforment le cinéaste en un gisant paralysé chez lui par son solipsisme. Il va devoir trouver une façon de filmer « les autres » sans pour autant se cacher derrière eux. Comment représenter la circulation quotidienne des habitants, la vie au-dehors, le temps qui passe dans le paysage, d’un regard enfin investi ? Le documentaire sort revigoré de cette méditation métaphysique. Elle remet en question la prétention du cinéma du réel à restituer la vie alors que trop souvent, elle la fige en lettre morte. (Charlotte Garson)

Production: Fan Rong, Ji Dan, Yi Cui

Contact copie: Sha Qing