Belva nera

  • Alessio Rigo de Righi
  • Matteo Zoppis
  • 2013
    • Argentine
    • Italie
  • 33 min

Il s’appelle Hercule, c’est un chasseur hors-pair de la campagne romaine et il croit dur comme fer qu’une panthère – une bête noire – se cache au fond des bois, dévorant régulièrement poulets, lapins, moutons... Cette rumeur de la bête féroce qui hanterait des forêts proches de la capitale italienne a baigné l’enfance des réalisateurs, qui y reviennent ici avec une cocasserie réjouissante, mêlant mockumentary, atmosphère de western, et portrait touchant d’un paysan-chasseur qui à ses heures peut entonner négligemment un air de Tosca.

Devant la caméra, les personnes deviennent spontanément personnages, ils jouent leur croyance en lui donnant des dimensions épiques. À travers le quotidien d’Hercule et de ses amis de Vejano mais aussi l’intervention de Tony Scarf, acteur et spécialiste ès panthères, la petite communauté est ici décrite comme une puissante machine à fantasmer, à fictionner, que le film relaie avec une inventivité jubilatoire. Au-delà du pittoresque et d’un ancrage des lieux et des personnages dans un fond mythologique, le rapport des chasseurs à la vérité et à la légende touche un nerf politique de l’Italie antique tout autant que contemporaine : le rapport au collectif, aux lois et à l’État. (Charlotte Garson)