Archives

FEEDBACK PRO 2019

FEEDBACK PRO

Accès libre 

Mercredi 20 mars18h20 / Centre Pompidou, Cinéma 2

Quelle circulation pour les films à l’heure des premières ?

en partenariat avec Doc&Film International

modéré par Daniela Elstner, directrice de Doc&Film International

Intervenants : Anaïs Clanet (vendeuse Wide House), Sandro Fiorin, (vendeur Figa Films), Stephanie Fuchs (chargée des festivals et placements de films Autlook Filmsales), Fabienne Hanclot (déléguée générale L’Acid), Michel Klein (producteur Les Films Hatari), Michel Lipkes (directeur artistique de FICUNAM), Davide Oberto, directeur de la sélection documentaire Torino Film Festival)

La première projection en festival d’un film a longtemps été garante de lancement d’une carrière nationale et internationale. Or, dans le marché actuel, le festival devient souvent l’unique espace pour une réalisateur/trice de se confronter à un public.

Dans ce nouveau monde, la stratégie des festivals doit s’adapter. Que signifie encore la première mondiale ? Les festivals ont-ils la responsabilité d’assurer la circulation des films ? Que pouvons-nous faire ensemble, afin de garantir aux films la meilleure exposition possible, au niveau national et international ?

Vendredi 22 mars, 14h00, Centre Pompidou, Petite Salle

Projection du film Les Apprentis d’Alain Tanner, suivie d’une table ronde 

en partenariat avec la Cinémathèque suisse

modéré par Antoine Guillot, producteur de l’émission Plan large sur France Culture

Intervenants : Julie Bertuccelli (cinéaste, présidente de la SCAM), Laurent Cormier (directeur du Patrimoine cinématographique au CNC), Joël Daire (directeur du Patrimoine à la Cinémathèque française), Alann Héry (directeur du département technique à l’INA), Frédéric Maire (directeur de la Cinémathèque suisse), Nicolas Philibert (cinéaste), Gaël Teicher (distributeur La Traverse)

Le Forum Public 2019

FORUM PUBLIC / PUBLIC FORUM
entrée libre

Jeudi 21 mars, 9h30-18h00, Forum des Images
Pour sa 41e édition, le festival Cinéma du réel consacre son Forum Public à destination des professionnels du documentaire à la thématique : « Territorialité des financements, territorialité des contenus ». Dans les années 2000, grâce notamment à une politique incitative du CNC, les collectivités territoriales sont devenues des leviers essentiels à l’existence de certains films, des entreprises de production, des réalisateurs et techniciens non parisiens se sont imposées dans le paysage national et international.

Cette émergence de nouveaux acteurs et de nouvelles pratiques, a constitué un mouvement de fond qui a bousculé certains usages de la profession et de ses représentants. Aujourd’hui, avec la création des grandes régions, ce mouvement connaît une nouvelle accélération, la plupart des territoires ayant dû redéfinir leur politique de soutien au cinéma et à l’audiovisuel. Quelles sont les difficultés spécifiques rencontrées par les auteurs et producteurs dans le financement en région ? Comment trouver le juste équilibre entre une mise en avant du sujet et une valorisation du travail de création dans les décisions de soutien ? Quelles sont les pistes pour une meilleure complémentarité entre les financements et les contenus dans le cadre de la territorialisation dans la production documentaire ?

L’objectif commun de cette journée de Forum Public est de questionner les rapports entre la création audiovisuelle et les territoires, en confrontant des notions aussi fondamentales que le centralisme face aux spécificités économiques, géographiques et culturelles de chaque territoire.

9h30-10h00 Introduction

Julie Paratian (productrice, présidente Les Amis du Cinéma du réel / Catherine Bizern (Déléguée générale et directrice artistique 

10h00-13h00 Panorama

modéré par : Cyril Smet (Délégué cinéma/ Cinema Delegate, SPI)

1ère partie :

– Céline Dréan (Bretagne – réalisatrice – membre en Bretagne)

– Jean-Baptiste Fribourg (Auvergne-Rhône-Alpes – producteur – membre de l’APPAA)

– Marie Dumoulin (Hauts de France – productrice – Présidente de RHIZOM)

– Gabrielle Schaff (Normandie – réalisatrice, présidente de l’ARNO)

2ème partie / 2nd part:

– SCAM : Nicolas Mazars (directeur des affaires juridiques et institutionnelles)

– CICLIC : Pierre Dallois (responsable Pôle création) – sous réserve

– Région Hauts de France : Malika Aït Gherbi Palmer (Présidente Pictanovo)

– Région Pays de Loire : Olivier Brumelot (Délégué à l’antenne et aux programmes France 3)

– Région Nouvelle Aquitaine : Eric Correia (Élu à la Culture) – sous réserve/to be confirmed

14h00-16h30 Cas pratiques

modéré par : Alexandre Cornu (producteur/producer, Les Films du Tambour de Soie, président/President of the board EURODOC)

Game Girls de/by Alina Skrzeszewska (France-Allemagne/Germany, 2018)

avec Jean-Laurent Csinidis (producteur Films de Force Majeure) – Sortie salle 21 novembre 2018 – projet présenté en partenariat avec EURODOC

Brise-Lames de Hélène Robert et Jérémy Perrin (France, 2019)

avec Hélène Robert (réalisatrice), Jean-Baptiste Fribourg (producteur La Société des Apaches) et Patricia Limoge (Chargée de mission cinéma-audiovisuel sur la filière documentaire de la région Auvergne-Rhône-Alpes)

Samouni Road de Stefano Savona (France, Italie, 2018)

avec Stefano Savona (réalisateur), Penelope Bortoluzzi (productrice Picofilms), Cécile Lestrade (co-productrice Alter Ego production) – Sortie salle 7 novembre 2018

16h30-18h00 Echange avec le CNC

avec Julien Neutres (Directeur de la création, des territoires et des publics, CNC)

modéré par : Régis Sauder (réalisateur/director) et Colette Quesson (productrice/producer, A Perte de Vue Film)

Les Matinales 2019

Les matinales se dérouleront du 19 au 22 mars de 10h30 à 13h à la Maison de la Poésie.

Quatre rendez-vous pour créer des ponts entre professionnels confirmés et émergents :

Mardi 19 mars I 10h30-13h00
Une saison de documentaires en salle de cinéma : quelles pratiques pour quels films ?
en partenariat avec Documentaire sur grand écran et l’Acid

Accès libre sur inscription 

Modération : Régis Sauder, cinéaste, co président de l’Acid et Laurence Conan, chargée de développement à Documentaire sur grand écran

Intervenants : Vanessa Ode (Programmatrice Art et Essai CGR), Morgan Pokée (Le Concorde à la Roche sur Yon), Clémence Renoux (Le Cigalon à Cucuron), Emmanuel Vigne (Le Méliès à Port de Bouc)

Quatre directeurs-trices ou programmateurs-trices de salle de cinéma sont invités à faire part de leurs choix et de leurs façons de programmer les films documentaires sortis en salle au cours de l’année 2018. Existe-t-il des « politiques de programmation » spécifiques ? De nouvelles pratiques et de nouveaux récits pour accompagner ces films ? L’instauration de rendez-vous réguliers ? Une mise en œuvre en lien avec des associations nationales et locales ? Des formes inédites de partenariats, de convivialité, dans la salle et avec son environnement ?

Mercredi 20 mars I 10h30-13h00
Démontage d’un montage : La Liberté de Guillaume Massart
en partenariat avec Périphérie

Accès libre sur inscription 

Gildas Mathieu, responsable de Cinéastes en résidence à Périphérie Guillaume Massart et Alexandra Mélot — réalisateur et monteuse du film La liberté — vous invitent à une réflexion collective sur les choix effectués lors du montage de ce long métrage. Retour sur sept mois de résidence à Périphérie à Montreuil et sur les enjeux, les joies et les peines de l’expérience du montage documentaire.

La Liberté de Guillaume Massart, produit par Triptyque Films et Films de Force Majeure, sorti en salles le 20 février 2019 par Norte Distribution : dans la plaine orientale Corse, Casabianda est un centre de détention très singulier, au sein d’un vaste domaine agricole. Cette prison qu’on dit « ouverte » n’a rien à voir avec les prisons habituelles : à la place des barreaux, des murailles ou des miradors, les arbres, le ciel et la mer… Au fil des saisons, une année durant, Guillaume Massart s’y est rendu afin de comprendre ce que change cette incarcération au grand air. Sous les frondaisons ou sur la plage, la parole des détenus, d’ordinaire passée sous silence, se libère petit à petit…

Jeudi 21 mars I 10h30-13h00
Créer un documentaire pour le cinéma ou pour la radio : un même métier ?
en partenariat avec France Culture

Accès libre sur inscription 

Modération : Perrine Kervran, documentariste audio et productrice coordinatrice de LSD, la série documentaire pour France culture

Intervenants : Aline Pénitot, documentariste radio et compositrice électroacoustique, Cédric Dupire, cinéaste

Aline Pénitot est l’auteure de la série Oublier Moby Dick (une exploration sonore du monde des cétacés) qui sera diffusée du 25 au 28 mars sur France Culture et dont le 3e épisode, La réponse de la baleine à bosse, sera diffusé en avant première le jeudi 21 mars à 18h30 au Centre Pompidou. Celle qui écoute et celui qui regarde : quand une documentariste sonore rencontre un documentariste image pour partager leur expérience et leur appréhension du monde. Comment on raconte le réel avec la parole et les sons ? Qu’est-ce qu’on fait des visages, des corps et du décor ? Comment fait-on passer ce que l’on voit ? Est-ce qu’on décrit, est ce qu’on crée des images sonores, est ce qu’on laisse de l’espace pour que l’auditeur invente ses propres images ? Comment est-ce qu’on travaille le son dans un film ? Qu’est-ce qu’on met à l’image ? Qu’est-ce qu’on fait entendre et comment ? Est-ce qu’on réfléchit un projet de la même manière quand on travaille pour la radio ou l’image ? Est-ce la même chose d’être enregistré ou filmé ? Et si finalement la
démarche documentaire c’était simplement une même curiosité pour le réel, qu’on le donne à voir, où qu’on le donne à entendre.

Vendredi 22 mars, 10h30-13h00
Matinée des idées : filmer la réalité invisible?
en partenariat avec la SRF (Société des Réalisateurs de Films)

Accès libre sur inscription

Modération : Dork Zabunyan, professeur en cinema à l’université Paris 8

Intervenants : Raphaël Siboni, Antoine Viviani, Kaori Kinoshita et Alain Della Negra (cinéastes) et Mokhrane Bouzegoub (chercheur) / d’autres intervenants viendront compléter le panel (plus d’informations en ligne)

La modernité a fait naître un espace incommensurable par­deçà ce qui se voit, au-delà de ce qui s’entend et se devine. L’immatériel et le virtuel investissent nos mouvements, nos modes de consommation et nos choix politiques. Comment voir, entendre et montrer, rendre au visible ce qui en participe par-devers nous ? C’est à cette question que sont aujourd’hui confrontés ceux qui approchent le réel par leurs films. Comment le documentaire, art long et art du visible, peut – il rendre compte de l’immédiateté et de l’insoupçonné à l’œuvre ? Le Cinéma du Réel et la SRF convient cinéastes et chercheurs pour défricher des pistes de travail et de pensée et débattre de la manière dont le documentaire peut encore s’emparer du réel.
La matinée sera consacrée à l’appréhension des nouvelles formes de la contrainte politique et de la violence d’Etat et abordera plus avant la place de l’information et des données dématérialisées.

Nos invités politologues, sociologues ou scientifiques, les chercheurs expliciteront les formes et les images qu’ils estiment aujourd’hui “manquantes” ou inabouties. A travers leur pratique, leurs interlocuteurs cinéastes feront part de l’exploration à l’oeuvre et de leurs désirs de documentaire.

*Les prises de paroles se déroulent exclusivement en français

Compte-rendu ParisDOC Forum Public 2018

f0db72b6-2bb0-487b-8394-50f748af75ae.png

Cinéma documentaire : La nouvelle donne

 

Ce mardi au um des Images dans le cadre de ParisDOC, se déroulait une journée dédiée au parcours du documentaire, de l’écriture à la diffusion, s’intéressant particulièrement aux embûches du financement. Ce Forum public qui a débuté à 10h s’est déroulé en trois étapes : tout d’abord une table ronde de professionnels du secteur, réalisateurs, producteurs et distributeurs, qui revenaient sur les étapes de la création du documentaire, suivie de quatre études de cas autour de quatre films sortis ou s’apprêtant à sortir en salles, et se terminant enfin sur une rencontre avec le CNC.

 

De l’écriture à la diffusion, le parcours d’un film documentaire

 

7e2dcc4b-a0dd-4782-ae0d-7ca947e8545a.jpeg

Réunissant Julie Bertuccelli (Scam), Aleksandra Chevreux (Docks66, SDI), Carine Chichkowski (Survivance, Nous sommes le documentaire), François Farellacci (SRF), Régis Sauder (Acid, La Boucle documentaire), Édouard Mauriat (Mille et une productions, SPI), Jean-Marie Barbe (Tënk) et modérée par Rebecca Houzel (Petit à Petit production) et Raphaël Pillosio (l’atelier documentaire), la table ronde a ouvert cette journée dédiée au parcours du documentaire.

La discussion, qui a duré jusque 13h, a été rythmée par quelques extraits de plusieurs films produits, distribués ou réalisés par les panélistes : Bricks, Lupino, Dernières nouvelles du cosmos, Retour à Forbach, Peau d’âme et Après l’ombre.

Après un rapide tour d’horizon de l’état du documentaire en salles en France, précisant que 70 à 80 films d’initiative française sortent chaque année au cinéma, dont la moitié sont agréés – c’est-à-dire qu’ils respectent les conditions de la production cinématographique -, les modérateurs ont adressé la question centrale de cette table ronde : les règles de l’agrément (qui permet de débloquer des aides automatiques) étant davantage organisées autour de la fiction, que faudrait-il changer pour qu’elles s’accordent mieux avec le documentaire?

Pour tous les participants, il semblait assez évident que le médium cinéma permettait un plus grand espace de liberté que la télévision, cette dernière n’ayant, d’une part, pas d’obligation d’investissement dans le documentaire, et étant, d’autre part, en grande partie phagocytée par le 52 minutes, entrainant un risque de formatage. Le cinéma permet également une plus grande proximité avec le public comme le soulignait le cinéaste Régis Sauder. Cependant, c’est bien l’accès au financements qui décide avant toute chose du passage par la case télévision ou cinéma.

Pour le producteur Edouard Mauriat, la liberté de création est à associer à la pluralité des financements : plus les sources sont nombreuses, moins on risque le formatage. De son côté, la distributrice Aleksandra Chevreux tempérait légèrement l’attrait du cinéma avec la réalité de la distribution où le nombre d’entrées est à mettre en perspective avec les frais de sortie, précisant au passage que, contrairement à une croyance populaire, le documentaire ne faisait pas nécessairement moins d’entrées que la fiction. C’est d’autant plus compliqué lorsqu’il s’agit de films sauvages, qui ne sont donc pas agréés, car ils ne permettent pas aux distributeurs de générer du compte de soutien (aide automatique du CNC), ce qui pénalisera éventuellement des investissements futurs.

Et le coeur du problème est bien ici : les règles de l’agrément et de l’accès aux aides ne correspondent pas ou peu aux contraintes du documentaire. Alors que les guichets de financement se réduisent, menant à une paupérisation du milieu, les institutions font encore preuve d’un certain « archaïsme » comme l’a précisé Jean-Marie Barbe. L’un des premiers problèmes est la limite à 60% d’aides publiques dans le financement d’une oeuvre, empêchant certaines de se faire car dépendant majoritairement de ces aides. Celles-ci peuvent venir des régions, des soutiens (automatiques et sélectifs) du CNC ou encore du crédit d’impôts. Et les contraintes pour les obtenir sont nombreuses. Il n’est, par exemple, pas possible de demander l’Avance sur recettes avant réalisation si le film a déjà démarré son tournage. Une règle difficile à respecter dans le cadre du documentaire qui demandent beaucoup de préparation et souvent des tournages en amont. D’un autre côté, l’Avance sur recettes après réalisation, dont bénéficie plus facilement le documentaire, est pénalisante pour la production qui aurait besoin de cet argent plus en amont.

D’ailleurs, il y a un décalage entre l’accès à certaines aides, comme celle à l’écriture, et la réalité du temps du documentaire. L’ensemble des panélistes plaidaient d’ailleurs pour l’accès à l’aide à la conception qui pour l’instant est réservée à la fiction. C’est aussi au niveau des tarifs que le bât blesse. Il est ainsi très difficile pour le documentaire de faire un film dans les conditions de l’annexe 1 de l’agrément qui correspond à la convention collective (qui définit les salaires), cette économie ne correspondant pas à celle du documentaire.

Cependant, avoir un film agréé est important pour les distributeurs qui peuvent ainsi générer du compte de soutien. Or ce n’est pas le cas de la majeure partie des documentaires créés. Ces films, dits sauvages, peuvent toutefois être agréés au moment de la distribution mais les cas restent assez rares et soumis à de fortes conditions comme avoir eu un passage dans un festival de catégorie A (Cannes, Berlin…) et sortir sur au moins huit copies. Résultat, de nombreux films restent difficiles à voir hors festivals ou chaînes locales (qui sont une grande source de financement).

Le digital en solution? Pas encore tout à fait. Jean-Marie Barbe qui parlait du modèle de sa plateforme Tënk, dédiée au documentaire, expliquait qu’elle permettait elle aussi de donner accès à ces longs métrages sinon invisibles. L’idée, au bout du compte, serait d’en faire une acteur du financement du documentaire mais le modèle économique est encore un peu vacillant. C’est pourquoi les plateformes commencent à s’allier entre elles et aux festivals pour gagner en poids. Un vrai changement pourrait également venir d’une modification de la chronologie des médias. Mais il s’agit là d’un autre débat… actuellement en cours.

 

Etudes de cas


125d214a-f1a1-4f9c-9454-fd5d53eec19e.jpeg

A partir de 14h, la table ronde a fait place à quatre études de cas animés par Eugénie Michel-Villette (Les Films du Bilboquet) et Rebecca Houzel (Petit à Petit production), revenant sur le parcours de quatre films : Braguino de Clément Cogitore, Premières Solitudes de Claire Simon, Avant la fin de l’été de Maryam Goormaghtigh et Demons in Paradise de Jude Ratnam. Avec ces cas précis, les intervenants, cinéastes et producteurs, ont pu illustrer les difficultés et les réalités du documentaire. Les difficultés comme pour Cédric Bonin (Seppia) sur Braguino qui expliquait que son cas d’étude était « tout ce qu’il ne fallait pas faire », notamment en matière de chronologie des médias. Ou celui de Julie Paratian (Sister Productions) qui a dû faire des demandes à 30 fonds en huit ans pour financer le film de Jude Ratman. Demons in Paradise illustre d’ailleurs également les contraintes du documentaire comme celle du temps qui passe et des changements qu’il apporte, soit ici l’évolution politique du Sri-Lanka où ce premier documentaire Tamoul était tourné. Andrea Queralt (4 A 4 Productions) expliquait elle que ce qui était à l’origine des images de repérages pour Avant la fin de l’été ont finalement intégré l’oeuvre finale, ne correspondant ainsi pas aux règles de l’Avance. Enfin Claire Simon, qui a réalisé Premières solitudes au fur et à mesure, alternant tournage et écriture, n’anticipant pas à l’avance, a exprimé le sentiment général de l’assemblée : « Il faut que les financements se plient à l’exigence du génie documentaire et pas l’inverse ».

compte-rendu-parisdoc-capsules

 

Rencontre avec le CNC


db715e8a-a14f-410e-bfeb-6c3a84a66c7c.jpeg

La journée s’est achevée sur une discussion avec le CNC, représenté ici par le directeur du cinéma, Xavier Lardoux. Ce dernier était entouré de Dominique Barneaud (Bellota Films) et Julie Paratian (Sister productions).

Comme une réponse aux questionnements et demandes exprimés dans la matinée, Xavier Lardoux a expliqué la position du Centre et les évolutions possibles et/ou en cours.

Dans un premier temps, après avoir rappelé la fonction du CNC et ses différents fonctionnements, le directeur du cinéma a donné quelques chiffres concernant le documentaire. Pour cela, il s’est appuyé sur l’Observatoire de la production 2017 paru le matin même. Ainsi, peut-on observer une production stable l’an passé avec 37 documentaires agréés contre 44 en 2016 avec une augmentation du devis moyen, désormais à hauteur de 650 000€.

Au sujet des sorties salles, s’appuyant sur les chiffres de 2016, Xavier Lardoux a précisé que cette année correspondait au plus haut niveau de la décennie avec 118 documentaires distribués dont 66% français et parmi eux, 40 étaient agréés. Leur part de marché est estimée à 84% soit 2,7 millions de spectateurs sur les 3,3 millions du documentaire en salles.

Après une question de Julie Paratian sur les possibles évolutions des aides du CNC sur le documentaire, le directeur du cinéma a expliqué que le financement public de cette typologie d’oeuvres étaient en croissance, notamment en raison du tarissement des guichets. Au sujet de l’Avance sur recettes avant réalisation, il a précisé que c’était « comme le Festival de Cannes : l’art de dire non ». En effet, 55 projets sont aidés par an sur 650 proposés, soit un taux de réussite de 8%. Parmi eux, le documentaire représente 15% des oeuvres aidées pour le 1er collège et 12,5% pour le 2e, pour un montant moyen de 120 000€ (bien inférieur à celui de la fiction, mais cela est dû à la différence des budgets). Du côté du 3e collège (Avance sur recettes après réalisation), le documentaire représente 33% des films aidés pour un montant moyen de 90 000€, équivalent à celui de la fiction.

Par ailleurs, dans le cadre de la réforme de l’agrément, qui est entrée en vigueur en janvier 2018, Xavier Lardoux a affirmé qu’une souplesse avait été mise en place au niveau du documentaire, notamment par rapport au premier jour de tournage (qui est une condition sine qua none pour l’accès ou non à l’Avance sur recettes avant réalisation). Cependant, le CNC ne souhaite pas ouvrir davantage cette possibilité de peur que les financements encadrés (tels les Sofica ou les chaînes de télévision) n’en fassent de même, voire n’en abusent, au risque de ne plus préfinancer les films et d’attendre qu’ils soient en partie faits pour investir.

Les deux modérateurs sont également revenus sur l’autorégulation des instances publiques dans le financement pour éviter le dépassement des 60% d’aides publiques autorisées. Si l’idée d’augmenter le seuil de ces aides a été rapidement évoqué, Xavier Lardoux a expliqué que cette autorégulation était une volonté de ne pas dépasser ce seuil au risque de devoir demander aux producteurs de rembourser le surplus, ce qui pourrait en mettre certains en péril. Il a également rappelé l’existence de la dérogation de l’agrément permettant à des films d’être agréés au moment de leur distribution, débloquant ainsi des aides à la distribution et à la diffusion.

Le directeur du cinéma a part ailleurs rappelé les différentes autres aides auxquelles le documentaire a accès comme l’aide à l’écriture, la réécriture ou encore le développement. Mais c’est au moment d’aborder l’accès à l’aide à la conception que les esprits se sont un peu échauffés avec la salle. Xavier Lardoux a ainsi expliqué que ces questions, ainsi que celle du soutien aux nouveaux entrants, étaient actuellement en discussion avec un groupe de travail, composé de plusieurs représentants des différents organismes du cinéma, au sein du CNC.

 

A suivre donc.

Compte-rendu rédigé par Perrine Quennesson

ParisDOC Forum Public 2018

f0db72b6-2bb0-487b-8394-50f748af75ae.png

Observatoire des mutations (politiques, économiques, juridiques…) du secteur, outil de formation à part entière, ParisDOC Forum Public permet aux professionnels d’appréhender les évolutions structurelles et d’échanger avec des experts autour de celles-ci.

Cette année, ParisDOC Forum Public abordera la question du financement du cinéma documentaire, en lien avec les travaux de la SCAM, la SRF, l’ACID, le SPI, etc.

 

 

CINÉMA DOCUMENTAIRE : LA NOUVELLE DONNE

Le cinéma fut d’abord documentaire. Aujourd’hui, les documentaires sont très présents dans les salles de cinéma et le public est au rendez-vous. Pourtant, écrire, produire un documentaire pour le cinéma, c’est se heurter à de nombreuses difficultés tant le système de financement du cinéma est organisé autour des pratiques de la fiction : depuis l’écriture jusqu’à la diffusion, quelle est le parcours singulier d’une œuvre documentaire de cinéma ? Quelles sont les pistes à explorer pour que la place du documentaire puisse s’affirmer dans une nouvelle donne de la filière cinéma ?

 

10h-13h Table ronde modérée par Rebecca Houzel (Petit à Petit) et Raphaël Pillosio (l’atelier documentaire).

De l’écriture à la diffusion, le parcours d’un film documentaire avec des auteurs, producteurs et distributeurs.

Avec : Julie Bertuccelli (Scam), Aleksandra Chevreux (Dock66, SDI), Carine Chichkowski (Survivance, Nous sommes le documentaire), François Farellacci (SRF), Régis Sauder (Acid), Édouard Mauriat (Mille et une productions, SPI), Jean-Marie Barbe (Tënk).

14h-16h Cas d’étude

Présentation par Eugénie Michel-Villette (Les Films du Bilboquet) et Raphaël Pillosio (l’atelier documentaire).


– Avant la fin de l’été de Maryam Goormaghtigh (4à4, Shellac, Upside), avec Andrea Queralt

– Braguino de Clément Cogitore (Seppia/bluebird distribution), avec Cédric Bonin

– Demons in Paradise de Jude Ratnam (Sister productions, Survivance, Upside), avec Julie Paratian et Jude Ratnam

Premières solitudes de Claire Simon (Sophie Dulac productions/distribution), avec Claire Simon et Michel Zana

 

 


16-18h Rencontre avec le CNC

En présence de Xavier Lardoux, directeur du cinéma du CNC et Morad Kertobi, chef du département Court métrage.
Modération par Dominique Barneaud (Bellota Films) et Julie Paratian (Sister productions).


 

 

ParisDOC Forum Public se déroulera le mardi 27 mars 2018.