Tous les articles par l'équipe du festival du cinéma du réel

Faire exister les films, redonner corps à l’expérience collective du cinéma sur grand écran, c’est le défi que se lance Cinéma du réel pour cette rentrée 2020. À partir du 2 octobre, nous vous donnons rendez-vous pour une série d’évènements conçus en collaboration avec nos fidèles partenaires !

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Reprise du palmarès 2020 I Centre Pompidou 

Du 2 au 4 octobre 2020
En partenariat avec la Cinémathèque du documentaire
En présence des réalisateurs/trices (sous réserve)

Rendez-vous les 2, 3 et 4 octobre prochains pour découvrir, enfin sur grand écran, les films primés de cette 42e édition de Cinéma du réel, dont les séances publiques ont été annulées en mars dernier. Douze films, qui sont autant d’hypothèses quant à un possible du cinéma documentaire, autant d‘accès, aussi, à d’autres expériences que la nôtre. 

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 Séances Front(s) populaire(s) I Forum des images 

6 octobre 2020
En partenariat avec Documentaire sur grand écran

18h30 I Tu crois que la terre est chose morte de Florence Lazar En présence de la réalisatrice et de Malcom Ferdinand (docteur en sciences politiques à Paris Diderot et chercheur au CNRS)

Le film déploie le contexte écologique et politique en Martinique à travers des rencontres avec des paysan·nes, un ethno-pharmacologue, une herboriste médicinale locaux. Ce contexte se caractérise avant tout par une pollution généralisée résultant de l’usage massif de la chlordécone.

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21h I Demain est si loin de Muriel Cravate 
En présence de la réalisatrice, Agnès Antoine (association Tous Migrants) et Edwy Plenel (journaliste)
Chaque jour, des exilé·es tentent de traverser la frontière franco-italienne à pied pour rejoindre la France, empruntant des itinéraires de montagne dangereux pour échapper aux traques policières. Arrivé·es à Briançon, ces exilée·es sont accueilli·es pendant quelques jours au Refuge Solidaire, hébergement d’urgence géré par des bénévoles. Entre harcèlement policier et criminalisation, les solidaires qui leur viennent en aide s’organisent pour continuer à agir.

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Festival parlé #2 : Littérature et documentaire, filiations et affinités I Les Ateliers Varan

18 octobre 2020 I de 10h à 15h
En partenariat avec Les Ateliers Varan

La deuxième édition du « Festival parlé », qui n’a pas pu se tenir pendant la 42e édition de Cinéma du réel, se tiendra le dimanche 18 octobre aux Ateliers Varan. Elle explorera les rapports entre littérature et cinéma à partir de l’hypothèse que le cinéma serait l’héritier de la littérature autant que des arts visuels ou scéniques, et que le documentaire se rattacherait à la tradition du roman réaliste plutôt qu’à celle du reportage ou de l’observation scientifique.

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Séance spéciale : Chili, un éveil contrarié ? I Centre Pompidou 

25 octobre 2020 I 17h
En partenariat avec la Cinémathèque du documentaire

Dans le cadre du cycle Chili, cinéma obstiné / Séance organisée en collaboration avec Pamela Varela

Le 26 avril 2020, les chiliens devaient se prononcer par référendum sur le maintien de la Constitution de 1980 instaurée par Pinochet. Puis est arrivée la crise du coronavirus. Une nouvelle date a été fixée au 25 octobre. La révolte sociale qui a pris naissance en octobre 2019 se poursuit toujours, et des images de cette actualité continue de nous parvenir (films courts, animations, images brutes)… Comment celles-ci rendent-elles compte de ces douze derniers mois ? Quelle peut être l’évolution du mouvement, entre covid-19 et référendum ?

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Cinéma du réel dans les salles 

Novembre 2020 
En partenariat avec Périphérie

2  novembre I 20h I L’écran de Saint-Denis
La Terre de Gevar de Qutaiba Barhamji
Un petit jardin dans la banlieue de Reims – loin, très loin de ses vergers de Syrie. Pendant quatre saisons, Gevar apprend à cultiver cette nouvelle terre qui ne se laisse pas faire…

3 novembre I 20h I Ciné 104
Parler avec les morts de Taina Tervonen

Vingt-cinq ans après la guerre, un charnier est découvert au nord de la Bosnie. Darija Vujinovic sillonne le pays à la recherche des familles des disparus. Elle recueille leurs souvenirs et les quatre gouttes de sang nécessaires pour identifier les corps…

+ d’autres séances à venir

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Cinéma du réel en Circulation

Du 5 octobre au 30 novembre 2020
En partenariat avec la Cinémathèque du documentaire et Images en bibliothèques

Du 5 octobre au 30 novembre prochains, la Cinémathèque du documentaire et Images en bibliothèques proposent à leur réseau de participer à la circulation d’une sélection de films français et étrangers issus de la compétition Cinéma du réel 2020. Plusieurs programmes sont proposés pour rendre compte de la diversité des démarches des cinéastes dans le documentaire contemporain.

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LES SALLES :

Centre Pompidou
Entrée rue St Merri, le long de la façade sud du bâtiment, pendant toute la durée du festival
Cinéma 1 – Cinéma 2 – Petite salle – Grande salle

Forum des images
Forum des halles, 2 rue du cinéma, Paris 1er
Salle 100 – Salle 300

Le Luminor Hôtel de Ville
20 rue du Temple, Paris 4e
Grande salle

MK2 Beaubourg
50 rue Rambuteau, Paris 3e
Salle 1

LES TARIFS :

Billetteries en ligne :
Centre Pompidou : billetterie.centrepompidou.fr
Forum des images : forumdesimages.fr
Luminor Hôtel de Ville : luminor-hoteldeville.com/reserver/
MK2 Beaubourg : mk2.com/reservation
Vous pouvez aussi réserver vos places directement sur l’application Cinéma du réel, disponible sur Apple Store et Google Play.

Tarif plein : 6€
Tarif réduit : 4€ (conditions de la salle de projection) / 5€ et 4€ pour le Forum des images
Carnet de 10 séances : 29€
Attention : Les carnets sont exclusivement en vente aux caisses du Centre Pompidou.
Ils sont acceptés dans toutes les salles du festival.

Pass Étudiant : 20€
Accès illimité à toutes les séances du festival, aux rencontres professionnelles ParisDOC, et aux workshops du Centre Culturel Suisse.
Plus d’infos sur le Pass Etudiant ici

LES AUTRES LIEUX DU FESTIVAL :

Bulac : 65 rue des Grands Moulins Paris 13e
Centre culturel suisse : 38 rue des Francs-Bourgeois Paris 3e
Église Saint-Merry : 76 rue de la Verrerie Paris 4e
Majectic Bastille : 2/4 Boulevard Richard-Lenoir Paris 11e

Le Djurdjura : 1 rue aux Ours, Paris 3e. Rendez-vous pour boire un verre de 22h30 à 2h

  1. Le 43e festival international de cinéma documentaire « Cinéma du réel » se tiendra à Paris, au Centre Pompidou et dans les salles de cinéma associées à sa programmation, du 12 au 21 mars 2021. Cinéma du réel est organisé par la Bibliothèque publique d’information, l’Association Les Amis du Cinéma du réel, le Centre Pompidou, avec le concours du Ministère de la Culture-Service du livre et de la lecture et Département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique, du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), de la Région Île-de-France, de la Ville de Paris, de la Commission Télévision de la PROCIREP, société des producteurs de cinéma et de télévision, de la Société civile des auteurs multimédia (Scam) et de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem).
  2. Cinéma du réel privilégie les écritures et propositions cinématographiques documentaires, dans une approche décloisonnée et ouverte, quels qu’en soient le sujet, le genre, la durée, le support et la forme. Nous insistons néanmoins sur le fait que le festival n’inclut pas dans sa recherche les  émissions d’information, documentaires à caractère journalistique, films promotionnels ou d’entreprise. Nous vous invitons à prendre connaissance du projet éditorial du festival en consultant les sélections et programmations des années précédentes sur le site Internet du festival.
  3. La direction artistique du festival décide souverainement de la sélection et des sections dans lesquelles les films sont programmés : une sélection internationale et une sélection française, incluant chacune courts métrages, longs métrages et premiers films, et hors compétition, des séances spéciales, la section Première fenêtre et des programmations thématiques.
  4. Ne peuvent concourir que les œuvres ayant été terminées après le 15 janvier 2020.
  5. Chaque film en compétition est présenté deux fois pendant la durée du festival, au moins une de ces projections est suivie d’un débat. La présence des réalisateurs est impérative. Le festival participe à leurs frais de voyage et logement. Le film pourra également faire partie de programmation Cinéma du réel en régions ou à l’étranger, pendant ou après le festival, avec l’accord de ses ayants-droits.
  6. Ne peuvent concourir à la sélection internationale que des films inédits en France (premières françaises),c’est-à-dire n’ayant fait l’objet d’aucune projection publique en France, diffusion à la télévision française ou diffusion sur internet sur un site accessible depuis la France. Les films ne remplissant pas ces critères ne seront pas visionnés. Les films totalement inédits (premières mondiales) ou inédits en dehors de leur(s) pays de production (premières internationales) seront privilégiés. Les co-productions minoritairement françaises concourent en sélection internationale.
  7. Ne peuvent concourir à la sélection française que des films totalement inédits (premières mondiales), c’est-à-dire n’ayant fait l’objet d’aucune projection publique, diffusion à la télévision ou diffusion sur internet, où que ce soit dans le monde. Les films ne remplissant pas ces critères ne seront pas visionnés. Les co-productions majoritairement françaises concourent en sélection française.
  8. Inscriptions et éléments de visionnement
    8.1. Tous les films envoyés pour la sélection doivent être inscrits en ligne au moyen du formulaire d’inscription.
    Les informations contenues dans ce formulaire serviront à la publication des fiches techniques sur notre site, dans le dossier de presse et dans le programme papier. En cas de sélection, ce formulaire ne pourra plus être modifié au-delà de la mi-février.
    8.2 Deadlines
    8.2.1 – Films terminés entre le 15 janvier et le 1er août 2020: Inscription en ligne complète et envoi des éléments de visionnement au plus tard le 30 septembre 2020.
    8.2.2 – Films terminés après le 1er août 2020 : Inscription en ligne complète et envoi des éléments de visionnement au plus tard le 1er novembre 2020.
    8.2.3 – Films en cours de finition au 1er novembre 2020 : Inscription en ligne complète au plus tard le 1er  novembre 2020 et envoi des éléments de visionnement jusqu’au 1er décembre 2020.
    8.3. Tout film inscrit ou envoyé après les dates limites citées plus haut, ne bénéficiera d’aucune garantie d’être visionné.
    8.4. Le support à privilégier pour le visionnage des films au moment des sélections est un lien privé téléchargeable (Viméo, YouTube…). En cas d’impossibilité de rendre le film disponible sur Internet, nous acceptons également les envois de DVD (-R si possible) à l’adresse indiquée à la fin du formulaire d’inscription.
    8.5. Les films envoyés pour la sélection doivent être en version originale et sous-titrés en anglais ou français (si le film est parlé dans une autre langue).
    8.6. L’envoi et l’assurance éventuelle des DVD sont à la charge de l’expéditeur, ainsi que toutes taxes et honoraires afférents, notamment frais de transitaires et douaniers. Pour les DVD envoyés depuis l’étranger (hors Union européenne) nous vous conseillons d’ajouter sur l’enveloppe la mention « No commercial value. For cultural purposes only ».
    8.7. Le festival conserve ces éléments, aux seules fins de documentation, promotion et consultation dans ses locaux par les professionnels, pour une durée maximale de 6 mois, à l’exception des films inclus dans la vidéothèque du festival, et ne les retourne que sur demande expresse.
  9. Sélection
    9.1. Les réalisateurs des films sélectionnés seront personnellement avertis de la sélection de leur film.
    9.2 La liste des films retenus sera publiée sur le site Internet du festival courant février 2021.
    9.3. Les réalisateurs et ayants droit des films sélectionnés s’engagent à ne pas retirer les films du programme du festival après son annonce courant février 2021. Ils s’engagent également à ce que le film ne soit pas présenté ou télédiffusé en France ou à l’étranger sans l’accord de la direction du festival, et ce jusqu’à la clôture du festival.
    9.4. La rédaction des notules de présentation des films en compétition est effectuée par l’équipe de programmation du festival, et laissée à sa discrétion.
  10. Prix
    10.1.1 les films des sections Sélection internationale et Sélection française concourent pour :
    – Grand Prix Cinéma du réel, doté par la Bpi et la PROCIREP
    – Prix international de la Scam, doté par la Scam
    – Prix de l’Institut Français – Louis Marcorelles, doté par l’Institut français
    – Prix de la Musique originale, doté par la Sacem
    – Prix Loridan Ivens – CNAP, doté par CAPI Films et le CNAP
    – Prix du Court Métrage, doté par la Bpi
    – Prix Tënk, doté par Tënk
    – Prix des Jeunes – Cinéma du réel, doté par Ciné+
    – Prix des Bibliothèques, doté par la Direction générale des médias et des industries culturelles du Ministère de la Culture
    – Prix du Patrimoine de l’Immatériel, doté et attribué par le département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique de la direction générale des Patrimoines du  Ministère de la Culture
    – Prix des détenus du centre pénitentiaire de Bois d’Arcy, sans dotation
    10.1.2 les films de la section Première fenêtre concourent pour :
    – Prix du public « Première fenêtre » doté par le CNC
    10.2. L’attribution de mentions est entièrement laissée à la discrétion des différents jurys.
    10.3. Les prix sont versés aux réalisateurs des films, à l’exception du Prix de la Musique originale, du Prix Tënk et du Prix des Jeunes – Cinéma du réel. Le festival ne saurait être tenu pour responsable ni impliqué dans les éventuelles répartitions résultant des obligations contractuelles des réalisateurs.
    10.4. Les ayant-droits des films primés devront accepter que ceux-ci soient montrés dans le cadre d’une reprise du palmarès lorsque celle-ci est organisée par le festival, que ce soit en ligne ou dans le cadre d’un événement en France ou à l’étranger
    10.5. Les films primés à Cinéma du réel, devront inclure visiblement le logo fourni par le festival correspondant au prix reçu sur tous les documents promotionnels (affiches, cartes postales, etc.) et les dossiers de presse édités ultérieurement, dans le cadre d’une distribution commerciale ou non ou d’une présentation en festival en France et à l’étranger. Ce logo devra également figurer au générique du film et sur toute édition DVD.
    10.6. Les films sélectionnés sont invités à utiliser le logo fourni par le festival mentionnant leur participation à l’édition 2021 de Cinéma du réel sur le matériel promotionnel au générique du film et sur toute édition DVD.
  11. Copies et supports de projection
    11.1 Le festival dispose de moyens de projection suivants : 16 et 35 mm, DCP, fichiers numériques (pour plus de détail contactez l’équipe du festival). Les BluRay ne sont acceptés qu’en tant que copie de sauvegarde. Le festival privilégie le support original d’exploitation de l’œuvre terminée. Ne seront acceptées que des copies en parfait état.
    11.2. Le matériel de projection définitif devra nous parvenir au plus tard mi-février 2021. Aucune nouvelle version des films ne sera acceptée après cette date.
    11.3. Les frais d’envoi et d’importation des films sélectionnés sont à charge de l’expéditeur. Le festival prend uniquement en charge le transport retour des films ainsi que les frais de magasinage et d’assurance des œuvres exclusivement entre la réception et la réexpédition. En cas de perte ou détérioration pendant cette période, la responsabilité du festival sera limitée à la valeur de remplacement de la copie selon les tarifs en vigueur.
    11.4. Les films des sections compétitives (Sélection internationale et Sélection française) et des séances spéciales sont mis à disposition du festival gracieusement.
  12. Sous-titrage
    Tous les films des différentes sections compétitives doivent être accessibles à un public francophone et anglophone.
    12.1. Les films de la Selection internationale
    – Si la langue parlée du film est le français, la production du film devra fournir au festival une copie sous-titrée en anglais
    – Si la langue parlée du film est l’anglais, la production devra fournir une copie sous-titrée en français ou un fichier .srt ou .stl des sous-titres français
    – Si la langue parlée du film n’est ni le français ni l’anglais, la production devra fournir une copie sous-titrée dans une de ces langues et un fichier .srt ou .stl des sous-titres dans l’autre langue.
    12.2. Les films de la sélection française.
    – Si la langue parlée du film est le français, la production du film devra fournir au festival une copie sous-titrée en anglais
    – Si la langue parlée du film est l’anglais, la production du film devra fournir au festival une copie sous-titrée en français
    – Si la langue parlée du film n’est ni le français ni l’anglais, la production devra fournir une copie sous-titrée dans une de ces langues et un fichier .srt ou .stl des sous-titres dans l’autre langue.
    12.3. Tout matériel de sous-titrage doit être envoyé dans sa version définitive, qui correspond à la version finale du film. Ces éléments devront nous parvenir au plus tard le 15 février 2021.
  13. Vidéothèque et VaD
    – Les films sélectionnés (Sélection internationale et Sélection française) seront inclus dans la vidéothèque sécurisée du festival, qui est  accessible aux accrédités professionnels, consultable sur le lieu du festival et en ligne pendant la durée de la manifestation, puis dans les bureaux du festival (à destination des chercheurs et programmateurs).
    – Le festival entretient également des partenariats VaD. Il sera proposé aux ayants droits des films sélectionnés de donner leur accord afin que leurs films fassent partie de cette offre supplémentaire.
  14. film-documentaire.fr
    Une entrée par film inscrit sera générée sur le site de référencement spécialisé dans le cinéma documentaire www.film-documentaire.fr. Destiné aux professionnels et au public, cette base de données référençant plus de 39000 films est un outil non commercial d’intérêt général au service du film documentaire. Consultation de données uniquement.
  15. Les frais d’inscription d’un film au festival sont de 10€. Aucune exception ne sera faite. L’inscription n’est considérée complète qu’à réception par le festival dudit montant.
  16. L’inscription implique l’acceptation et le respect sans réserve des termes et dispositions du présent règlement. En cas de contestation seul fait foi le texte en français.

Août 2020

GRAND PRIX CINÉMA DU RÉEL & PRIX DES BIBLIOTHÈQUES

EL AÑO DEL DESCUBRIMIENTO (The Year of the Discovery) de Luis López Carrasco

PRIX INTERNATIONAL DE LA SCAM & PRIX DES BIBLIOTHÈQUES

MAKONGO de Elvis Sabin Ngaibino

PRIX DE L’INSTITUT FRANÇAIS – LOUIS MARCORELLES 

CHRONIQUE DE LA TERRE VOLÉE de Marie Dault

Nous sommes très heureux de l’intérêt que suscite l’histoire des quartiers populaires vénézuéliens, et de voir que cette lutte nous regarde. Et que voit-elle, quand elle nous regarde, cette lutte ? Nous, ici, dans le confinement de nos espaces, de nos maisons, de nos territoires, et la manière dont ils sont injustement répartis. Cette lutte quand elle nous regarde voit donc aussi ceux qui ont accès à l’espace, à la terre, à la protection d’une demeure et ceux qui n’ont ni droit ni titre pour partager le territoire. C’est avec ceux-là donc, ceux qui sont là sans avoir le droit de l’être, que nous partageons ce prix. Merci d’y avoir vu une expérience d’un monde auquel vous avez décidé, par cette récompense, de reconnaître comme votre. Nous rêvons que nous aurons le cas vénézuélien des quartiers populaires à l’esprit, au moment de reconstruire le monde d’après. – Marie Dault

PRIX DES JEUNES – CINÉMA DU RÉEL & PRIX DE L’INSTITUT FRANÇAIS – LOUIS MARCORELLES (Mention spéciale)

IL N’Y AURA PLUS DE NUIT de Eléonore Weber

Je suis très heureuse que ce film ait pu toucher les jurys dans une période si bouleversée et alors que leurs membres, confinés et séparés, ont dû regarder la sélection en ligne. Merci à Catherine Bizern et à toute son équipe d’avoir fait en sorte que le Cinéma du réel vive malgré l’annulation et la mise en suspens de tout ! Merci à Gaëlle Jones, la productrice du film, si audacieuse et tenace. Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui beaucoup de producteurs aussi engagés et courageux qu’elle. Merci à Géraldine Gomez qui nous a chaleureusement soutenus depuis le début, à Charlotte Tourrès, Carole Verner et Ivan Gariel qui ont accompagné le travail sans flancher. Merci enfin à Nathalie Richard car au terme du parcours, son talent et son élégance ont permis à cette forme d’exister. Sans doute, dans le contexte actuel d’effondrement, le film ne peut que résonner différemment. Et je n’ai pas encore mesuré à quel point ni de quelle manière son propos s’est déplacé. Je trouve que la « mention spéciale », en tout cas, lui va très bien et j’en suis ravie ! Qu’il ait par ailleurs convaincu les membres du Jury Jeune me fait particulièrement plaisir, c’est qu’ils n’ont pas froid aux yeux face au spectacle que nos guerres produisent. Je voulais que ces images soient vues sur grand écran, c’était même l’un des enjeux de ce projet, cette aide à la distribution sera d’un soutien précieux. Merci encore à vous tous ! J’espère vivement que nous pourrons bientôt nous réunir, voir les films en salle, discuter librement et sans fin. – Eléonore Weber

PRIX LORIDAN-IVENS / CNAP

ONTEM HAVIA COISAS ESTRANHAS NO CÉU
(Yesterday There Were Strange Things in the Sky)
de Bruno Risas

Le monde connaît actuellement de profonds bouleversements, rendus manifestes par ce nouveau virus qui met en lumière les mauvais traitements infligés depuis des siècles à la vie sur terre. Pour couronner le tout, nous avons ici, au Brésil – au sommet même de l’État – un homme qui est un génocidaire affirmé, quelqu’un qui fait tout pour que le Brésil retourne aux structures sociales qui prévalaient dans l’Europe du XVIe siècle. Ce sont les mêmes structures sociales dont provient la pensée expansionniste et extractiviste – cette pensée qui a transformé, entre autres, les territoires de Pindorama, d’Abya Yala, de Tawantinsuyu et d’Anhuac, celle qui a produit l’Amérique actuelle. Les conditions ayant permis qu’un homme comme lui ait aujourd’hui tant de pouvoir constituent des blessures qui demeurent vives et dont l’effet se ressent au quotidien dans les violentes contradictions inhérentes à ce processus historique. Les confinements en vigueur dans le monde entier ont hélas empêché la tenue de centaines d’évènements, et c’est pourquoi nous ne pouvons pas être présents avec vous à l’occasion de ces projections parisiennes. Malgré tout cela, nous allons célébrer cet évènement. Parce que célébrer, c’est nier ce qui nous est imposé – c’est-à-dire une réalité qui ne prend pas en compte l’ensemble de nos capacités de percevoir le monde et de le désirer.Nous allons célébrer cela et nous souhaitons remercier l’équipe du festival pour son travail acharné, pour nous avoir permis de faire partager nos sensibilités. Nos remerciements vont également au jury nous ayant décerné ce prix : merci de l’attention qu’il nous a accordée. Outre la joie de voir que notre film a pu toucher les émotions de certaines personnes, ce prix et la somme qui lui est associée sont d’une grande importance pour nous permettre de continuer nos travaux, alors même que le cinéma brésilien doit faire face à des suppressions de subventions publiques. J’espère que nous pourrons nous rencontrer en personne très bientôt.Enfin, je souhaiterais exprimer quelques remerciements personnels. Je pense en particulier à chaque personne ayant contribué à ce long processus de travail cinématographique – mais également de vie – qui a bouleversé notre façon de penser les notions de travail, de rituel et d’attachement aux autres. Le dévouement de ces personnes transparaît dans chaque plan et chaque son du film. À ma famille, à toute l’équipe, à nos partenaires Sancho & Punta, à mes amis. Je vous embrasse. – Bruno Risas

PRIX LORIDAN-IVENS / CNAP (Mention spéciale)

EXPEDITION CONTENT de Ernst Karel, Veronika Kusumaryati

Nous souhaiterions remercier le festival Cinéma du Réel pour avoir sélectionné notre œuvre « Expedition Content ». Par ailleurs, nous exprimons toute notre reconnaissance au jury pour la mention spéciale décernée dans le cadre du prix Loridan Ivens/Cnap. « Expedition Content » est une œuvre qui parle de rencontres – celles qui se sont produites entre le peuple Hubula et Michael Rockfeller. Nous tirons notre inspiration de films tels que « Chronique d’un été », qui nous montre – en l’occurrence par le biais d’une question posée par Loridan-Ivens – comment certaines rencontres inattendues peuvent révéler le travail visible ou latent de l’histoire. Aujourd’hui, alors que d’énormes pressions sont exercées sur eux – générées notamment par une militarisation accrue et les projets de développement de grande ampleur du gouvernement indonésien, ainsi que par la mondialisation et les menaces planétaires telles que le coronavirus –, les Hubulas et les autres peuples papous essaient tant bien que mal de préserver leur dignité et de survivre en tant que peuples. Nous espérons que ce film permettra d’attirer l’attention sur la Papouasie occidentale et de renforcer la solidarité à l’égard des Papous. – Ernst Karel & Veronika Kusumaryati

PRIX DU COURT MÉTRAGE

BACK TO 2069 de Elise Florenty, Marcel Türkowsky

ex aequo avec

DON’T RUSH de Elise Florenty, Marcel Türkowsky

Nous sommes très reconnaissants au jury de nous avoir attribué le prix du film court pour Back to 2069 et Don’t Rush, deux films qui résonnent singulièrement en ces temps de confinement et de « lock down », où la solitude se mêle fortement à un espoir de liberté et de vivre-ensemble. Nous voudrions remercier tout d’abord nos amis Renia, Elvira, Vagelis, Athanasios, et le trio Alekos, Giannis, Vlasis – sans qui ces films n’existeraient pas – ainsi que nos familles, Grimmuseum et Michigan Films, nos producteurs belges qui nous ont soutenus tout au long de cette aventure. Nous voudrions aussi remercier tous les gens qui ont déjà vu les films et qui nous ont manifesté des sentiments forts à leur égard, particulièrement envers la grâce radicale de Don’t Rush. Octavio Paz disait dans son livre Le labyrinthe de la solitude que Filoktitis, seul sur son île, craignait non pas de ne pas être secouru par la société, mais d’être poussé à y retourner par la force. On se demande comment faire face à ce même sentiment de vacuité si nous devions à présent revenir simplement à « l’ordre normal ». Au contraire nous devons exhorter au changement, et le cinéma lui aussi doit être encore plus être un cinéma du changement et de la transformation. C’est sa force motrice. Merci encore. Viva! – Elise Florenty, Marcel Türkowsky

PRIX DU COURT MÉTRAGE (Mention spéciale)

RESERVE de Gerard Ortín Castellví

PRIX DU COURT MÉTRAGE TËNK & PRIX DES DÉTENUS DE LA MAISON D’ARRÊT DE BOIS-D’ARCY

THIS MEANS MORE de Nicolas Gourault

PRIX DU PATRIMOINE DE L’IMMATÉRIEL

L’ÂGE D’OR de Jean-Baptiste Alazard

Je suis très touché de l’attribution du Prix du patrimoine de l’immatériel à L’ÂGE D’OR. Je remercie l’équipe du Cinéma du réel d’avoir cru en ce film, que j’aurai aimé partager d’une autre manière, bien évidemment. Je lui rends hommage pour avoir tout de même essayé de faire exister cette édition comme elle a pu. Il est important pour moi de dire que je fais des films avant tout pour qu’ils existent lors de séances collectives où il est encore possible de s’éprouver physiquement. Bien sûr, il y a les circonstances, mais je pense que nous sommes dans une période où il s’agit de prendre garde à ce que le cinéma ne glisse pas en priorité vers internet, vers le repli sur soi. En espérant vous rencontrer en juin – Jean-Baptiste Alazard

PRIX DU PUBLIC « PREMIÈRE FENÊTRE »

MARIA K. de Juan Francisco González

En temps de crise sociale mondiale, le cinéma joue un rôle de résistance pour pouvoir réfléchir, imaginer et construire une société différente de celle actuelle. Merci beaucoup à toute l’équipe et à mes collègues des ateliers Varan, ainsi que spécialement à María Koleva. – Juan Francisco González

Malgré la crise sanitaire due au coronavirus, Cinéma du réel a décidé de maintenir son palmarès.

PRIX DÉCERNÉS PAR LE JURY LONGS MÉTRAGES :

Le jury longs métrages, composé de Florian Caschera (musicien et compositeur dit Sing Sing), Stéphane Mercurio (cinéaste), Hania Mroué (directrice du cinéma Metropolis à Beyrouth), Terutaro Osanaï (producteur), Cristina Piccino (critique de cinéma et chef du service cinéma au journal Il Manifesto), a décerné les prix suivants :
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GRAND PRIX CINÉMA DU RÉEL
Doté par la Bibliothèque publique d’information (5 000 €) et la Procirep (3 000 €) et décerné à un long métrage issu des sélections internationale et française

EL AÑO DEL DESCUBRIMIENTO (The Year of the Discovery) de Luis López Carrasco
2020 / Espagne / 200’

Laudatum du jury :

Grande épopée de la parole dans l’Espagne d’après Franco et d’après la crise industrielle, où le même bar est filmé soir et matin comme arche de Noé ET tour de Babel , c’est un film-vitrail qui fait vaciller les temporalités,  une chorale dissonante mais toujours magnifiquement cadencée, une oeuvre patiente, généreuse, formellement admirable.
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PRIX INTERNATIONAL DE LA SCAM
Doté par la Scam (5 000 €) et décerné à un long métrage de la Sélection internationale

MAKONGO de Elvis Sabin Ngaibino
2020 / Centrafrique, Argentine, Italie / 72’

Laudatum du jury :

Le réalisateur a su nous toucher avec un film fort, simple. La profonde humanité de ses protagonistes, alliée à un travail cinématographique puissant et rigoureux nous ont impressionnés. Ce film tourné dans la forêt centrafricaine aborde des thématiques universelles avec finesse et complexité.

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PRIX DE L’INSTITUT FRANÇAIS – LOUIS MARCORELLES
Doté par l’Institut français (5 000 €) et décerné à un long métrage issu de la Sélection française

CHRONIQUE DE LA TERRE VOLÉE de Marie Dault
2020 / France / 89’

Laudatum du jury :

La belle énergie du film et de ses protagonistes nous embarque dans un quartier de Caracas avec une histoire d’une force rare. Cette figure de femme qui lutte contre l’adversité avec générosité et dignité est très belle. Le film touche à des enjeux complexes et universels, et il ouvre une brèche d’espoir avec une maitrise dans la narration. 

Mention spéciale à 

IL N’Y AURA PLUS DE NUIT de Eléonore Weber
2020 / France / 75’

Laudatum du jury :

Le Jury long métrages accorde une mention spéciale à Il n’y aura plus de nuit, d’Eléonore Weber, troublant documentaire dont le Noir est à la fois le sujet et la matière, la nuit un espace réversible et la guerre une durée avant tout. Oeuvre plastique impressionnante, le film fixe des vertiges et sème des doutes en lui comme le reflet des étoiles sur l’eau.
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PRIX DE LA MUSIQUE ORIGINALE
Doté par la Sacem (1 000 €) et décerné au compositeur d’un long métrage issu des sélections internationale et française

AN DA SHEALLADH (The Two Sights) de Joshua Bonnetta
2020 / Royaume-Uni, Canada / 88’

Laudatum du jury :

An Da Shealladh (The Two Sights) est le film  de Joshua Bonnetta, cinéaste et acousticien, dont la très belle partition abstraite, entre field recording, psaume et mélodie inquiète figure en soi tout un monde hanté (par la faune, les spectres et les phénomènes), à part égale avec les images.

Mention spéciale à 

BRING DOWN THE WALLS de Phil Collins
2020 / Allemagne, Etats-Unis / 87’

Laudatum du jury :

Le Jury long métrages accorde une mention spéciale à Bring Down the Walls, de Phil Collins,  dont la bande son fait là-encore partie intégrante du projet puisque les très réjouissants  standards  » House Music  » revisités qui la composent non seulement rythment intégralement le film mais constituent pour moitié sa fièvre, nourrissant son feu militant, retournant sa rhétorique en fête.

PRIX DÉCERNÉS PAR LE JURY COURTS MÉTRAGES ET PREMIERS FILMS :

Le jury courts métrages & premiers films, composé de François Bonenfant (coordinateur pédagogique du Fresnoy), Miguel Dias (directeur du festival de court métrage Vila do Conde), Elena López Riera (cinéaste), a décerné les prix suivants :
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PRIX LORIDAN-IVENS / CNAP
Doté par CAPI Films (2 500 €) et le CNAP (4 000 €) et décerné à un premier film de plus de 50 minutes issu des sélections internationale et française

ONTEM HAVIA COISAS ESTRANHAS NO CÉU
(Yesterday There Were Strange Things in the Sky)
de Bruno Risas
2019 / Brésil / 110’

Laudatum du jury :

Pour l’observation d’une famille dans son quotidien, à la manière d’un home-movie, devenant le récit de la réalisation du film même, mettant en scène la représentation du vrai et du faux, de l’image documentaire et de son revers fictionnel, telle l’apparition inattendue de la fiction dans le film. En définitive, ce dont il s’agit ici, c’est d’un film poursuivant ces moments uniques où le cinéma peut se produire.

Mention spéciale à

EXPEDITION CONTENT de Ernst Karel, Veronika Kusumaryati
2020 / Etats-Unis / 78’

Laudatum du jury :

Pour l’extraordinaire travail d’exploration des archives et le brillant essai anthropologique et politique que ce film constitue. Le jury salue en outre l’approche radicale d’un langage cinématographique capable de conduire le spectateur dans un état d’immersion sensorielle où l’obscurité nous invite à découvrir les images manquantes.
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PRIX DU COURT MÉTRAGE
Doté par la Bibliothèque publique d’information (2 500 €) et décerné à un court métrage issu des sélections internationale et française

BACK TO 2069 de Elise Florenty, Marcel Türkowsky
2019 / Belgique, France, Allemagne/ 40’

ex aequo avec

DON’T RUSH de Elise Florenty, Marcel Türkowsky
2020 / Belgique, France, Allemagne / 53’

Laudatum du jury :

Pour leur exploration joueuse de toutes les possibilités du réel et leur singularité visionnaire, que ce soit par le détournement d’un jeu vidéo ou l’exploration en vase clos du caractère profondément humain et subversif du rebetiko. Le jury considère ces deux films comme les deux faces d’une même monnaie, articulant les différentes strates politiques et esthétiques d’un même territoire. Le passé mythique, les journaux intimes, ainsi que la possibilité d’un ailleurs, sont ici convoqués de manière étonnante et audacieuse. Ces deux films constituent un diptyque brillant qui nous invite à réfléchir au langage cinématographique contemporain.

Mention spéciale à

RESERVE de Gerard Ortín Castellví
2020 / Espagne / 27’

Laudatum du jury :

Cette mention est attribuée au film Reserve pour l’approche expérimentale de la représentation de la nature proposée par le film, son caractère ironique et troublant, et pour la réflexion sur les conséquences de l’action de l’homme lorsque celui-ci intervient sur la nature en la dominant.

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PRIX DU COURT MÉTRAGE TËNK
Doté par Tënk (500 € et achat de droits de diffusion SVOD sur la plateforme Tënk) et décerné à un court métrage issu des sélections internationale et française

THIS MEANS MORE de Nicolas Gourault
2019 / France / 22’

Laudatum du jury :

À partir d’un travail d’images d’archives et de synthèse autour de l’évolution de l’architecture des stades de football, ce film constitue une démarche à la fois esthétique, politique et sociale. Vision étonnante et dérangeante quant à l’évolution de la société elle-même, et à la façon dont nous nous relions les uns aux autres, ce film met en lumière la commercialisation croissante d’un spectacle qui finit par trahir ses origines ouvrières.

PRIX DÉCERNÉS PAR LE JURY DES JEUNES :

PRIX DES JEUNES – CINÉMA DU RÉEL
Doté par Ciné+ (15 000€ sous la forme d’achat de droits) et décerné à un long métrage issu des sélections internationale et française, pour sa distribution en salle

Le jury des jeunes – Cinéma du réel, composé de Emeric Gallego, Savannah Garcia, Vincent Jondeau, Marvin Jouligneu, Julie Marechal, Angèle Meschin accompagnés par la cinéaste Catalina Vilar, a décerné son prix à : 

IL N’Y AURA PLUS DE NUIT de Eléonore Weber
2020 / France / 75’

Laudatum du jury :

Le choix n’a pas été facile. Tiraillés, bouleversés, intrigués par autant de films et de formes d’expressions différentes, nous avons finalement réussi à nous accorder sur ce film étrange, poétique et novateur : Il n’y aura plus de nuit. C’est une œuvre qui nous interroge constamment sur notre rapport au réel. Qu’est-ce que les images nous donnent à voir ? Quelles sont les réalités multiples qu’elles révèlent ?  En brisant l’objectivité prétendue des images de guerre, le film nous invite dans une expérience hypnotique. Il en ressort un curieux paradoxe : celui d’un accroissement toujours plus grand de notre vision qui altère finalement notre visibilité. Il n’y aura plus de nuit est un choc. Le film nous a noué à la gorge et nous en somme ressorti troublés. Eléonore Weber, en questionnant notre place de spectateur devant ces images, nous a semblé ainsi convoquer les puissances du cinéma face à cette guerre du « vu » et du « visible ». Nous avons choisi de lui décerner le prix du Jury Jeune car il nous a semblé que c’est un film à la fois beau et nécessaire, qui donne à voir une certaine réalité de la guerre et de ses horreurs, tout en nous immergeant dans l’expérience sensorielle et psychologique des pilotes et en nous mettant à leur place.

Laudatum de Catalina Vilar, accompagnatrice du jury des jeunes :

Ce marathon festivalier a été particulier, vous vous en doutez. Nous n’avons pu voir les films dans l’immersion magique de la salle, ce qui est bien sûr frustrant. Nous avons par contre tenu à nous réunir virtuellement et à les commenter longuement un par un. J’ai été saisie par le sérieux avec lequel chacun des membres de ce « jury jeune » s’est livré à l’exercice. Et par la générosité de leur regard. C’était vraiment enrichissant pour moi de partager ces discussions avec eux ; leurs sensibilités et leurs perceptions diverses mais de grandes exigences à la fois esthétiques, politiques et cinématographiques. 

 Ce confinement nous a rappelé à travers tous ces films que le monde d’avant était déjà malade. Mais les personnages qui se battent, se révoltent, se questionnent nous donnent de l’espoir. Tout autant que les cinéastes qui nous proposent par leurs films matière à réflexion. Plus que jamais, nous avons senti que l’art est précieux dans ce qu’il révèle du monde mais aussi dans la compagnie intime qu’il nous offre en ce moment singulier.    

 La délibération n’a pas été simple. Chaque film a trouvé pour ce jury sa raison d’être et sa pertinence.  Le choix s’est fait avec douleur, ils auraient voulu en primer davantage. Il fallait n’en garder qu’un, je leur laisse la parole pour qu’ils expriment leur choix. Catalina Vilar

PRIX DÉCERNÉS PAR LE JURY DES BIBLIOTHÈQUES :

PRIX DES BIBLIOTHÈQUES
Doté par la Direction générale des médias et des industries culturelles du Ministère de la Culture (2 500 €) et décerné à un film de plus de 50 minutes issu de la sélection internationale. Il s’accompagne d’une proposition d’achat de droits par la Bibliothèque publique d’information, permettant au film d’intégrer le Catalogue national – Les Yeux Doc

Le jury des bibliothèques, composé de Thierry Barriaux (Bibliothèque Oskar Niemeyer du Havre), Catherine Geofroy (Bibliothèque municipale de la Goutte d’or à Paris), Alexia Pecolt (Médiathèque Boris Vian, à Tremblay en Seine-Saint-Denis) accompagnés de la cinéaste et productrice Marie Clémence Paes,
a décerné son prix à :

MAKONGO de Elvis Sabin Ngaibino
2020 / Centrafrique, Argentine, Italie / 72’

ex aequo avec

EL AÑO DEL DESCUBRIMIENTO (The Year of the Discovery) de Luis López Carrasco
2020 / Espagne / 200’

Laudatum du jury :

Dans un contexte de confinement et la situation actuelle globale plus que difficile, facteurs qui ont rendu les conditions de visionnage inédites et extrêmement compliquées, deux films sont ressortis par leur force cinématographique et l’humanité des histoires qu’ils nous invitent à partager.

Le prix du Jury des Bibliothèques de la 42e édition du Cinéma du Réel est décerné ainsi aux deux films suivants : 

Makongo, d’Elvis Sabin Ngaibino : par sa tendresse et son humour, ce film nous  permet de découvrir une réalité importante. Ouvrant un autre regard sur les Aka aujourd’hui, ce film aborde des complexes enjeux, dont la problématique universelle de l’éducation, participant d’une vision de l’Afrique sans surplomb ni condescendance. C’est pour toutes ces raisons qu’il a été choisi à l’unanimité pour le prix des bibliothèques. 

El año del descubrimiento, de Luis López Carrasco, qui par sa thématique précise aborde des sujets d’une actualité universelle à travers un geste cinématographique courageux. Captivant et bouleversant sans verser dans le pathos, le réalisateur arrive à explorer de façon nuancée un enchevêtrement d’histoires sur la résistance, la mémoire ouvrière et la solidarité, raison pour laquelle il été également choisi à l’unanimité pour le prix des bibliothèques.

AUTRES PRIX  :

PRIX DU PATRIMOINE DE L’IMMATÉRIEL
Décerné et doté par le département du Pilotage de la recherche et de la Politique scientifique, direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture (2 500 €) à un film issu des sélections internationale et française

Laudatum du jury :

Une proposition délicate et incarnée sur la reprise de pratiques ancestrales et le sens que l’on peut y (re)trouver, avec le risque de la perte et de se perdre. Pour la viticulture comme pour la musique, la contribution à leur transmission, de génération en génération, donne à la micro-communauté formée par ces deux figures de passeurs, attachantes et complémentaires, Titou et Soledad, un sentiment de continuité et d’identité. Questionnant avec profondeur la nature même du patrimoine culturel immatériel, en somme, l’œuvre tire sa force d’une captivante singularité, bien en phase avec le propos.

L’ÂGE D’OR de Jean-Baptiste Alazard
2020 / France / 69’
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PRIX DES DÉTENUS DE LA MAISON D’ARRÊT DE BOIS-D’ARCY
Décerné par un jury de détenus et de personnes issues de la société civile à un court métrage issu des sélections internationale et française

THIS MEANS MORE de Nicolas Gourault
2019 / France / 22’

Laudatum du jury :

Nous décernons ce prix à un film à la fois politique et humain, dont les images et le sens peuvent être compris par tous. Ce film comporte une dimension pédagogique et porte sur un sujet intéressant : il nous rappelle que le football trouve ses origines dans la classe ouvrière.  

Les images de synthèse, qui dans d’autres contextes peuvent sembler froides, permettent au virtuel de se mettre ici au service du réel : elles mettent en valeur le témoignage et, par contraste, donnent davantage d’impact aux images en prises de vue réelles. Le récit de l’habitant de Liverpool, à la voix avec une voix touchante et vraie, évoque l’aspect humain des matches de football : nombreux sont ceux qui s’y rendent pour l’ambiance, l’envie de partager une énergie commune. Ce film est plein d’émotions et la question de l’évolution sociale des spectateurs est très intéressante : on touche ici au contexte politique de ce sport, à son inscription dans le capitalisme. This means more est une image de la société : on part de l’homme et on finit dans le business. C’est sur ce point en particulier que l’on ressent l’engagement personnel du réalisateur qui nous a proposé un film dont certaines images frappantes nous sont restées en mémoire.

« This means more » pourrait être une belle définition du documentaire de création : il y a toujours plus à voir et à comprendre qu’on ne le pense.

PRIX DU PUBLIC « PREMIÈRE FENÊTRE »  :

Doté par le CNC (sous la forme d’un achat de droits pour son intégration au catalogue du CNC Images de la Culture ainsi que d’une bourse de résidence CNC Talent) et décerné par les lecteurs de Mediapart à l’un des films de la sélection Première fenêtre

MARIA K. de Juan Francisco González
2019 / France / 34′

Depuis l’an dernier une nouvelle section « Première fenêtre » regroupe des premiers gestes documentaires, premiers essais, tâtonnants et fragiles de jeunes cinéastes émergents. Mais gestes audacieux, pleins de promesse.  Les films ont été sélectionnés par un groupe d’étudiantes et d’étudiants en association avec le comité de sélection et la direction artistique du festival. Ils ont été visionnés en ligne sur le site de Mediapart où les internautes ont pu voter pour leur film préféré.