Parsi de Eduardo Williams et Mariano Blatt

Parsi de Eduardo Williams et Mariano Blatt

Entre le poème écrit et lu par Mariano Blatt et le film Parsi d’Eduardo Williams un point commun évident : le rythme constant. Le flux continu. La continuité, concept créateur du poème de Mariano Blatt qui se veut être une œuvre infinie, extensible.

Les mots nous entraînent dans une répétition hypnotique. Énumération de ce qui pourrait être mais qui n’est pourtant pas, utilisant un vocabulaire et un imaginaire d’une extrême quotidienneté. Là encore un point commun entre texte et images, qui font de plus en plus corps au fil du film.

Dès le départ, Eduardo Williams confie la caméra à ces personnages. La caméra est dès lors embarquée, passée de main en main, elle traverse des rues, passe des portes, monte en voiture, etc.  Le spectateur est baladé par des inconnus dans leur quotidien, sans qu’ils semblent jamais nous prêter attention. La caméra est parfois malmenée, tombe à terre, semble abandonnée puis finalement une main la récupère, nous voilà repartis. La prochaine action, la prochaine destination ne peut être anticipée. Finalement, ne cherchant plus à la devancer, ni à résister, on se laisse embarquer dans la transe, rejoignant le cercle des initiés.

Lou Balsas Jorge

  • Prochaine projection : samedi 23 mars, 16h30