L’immeuble des braves de Bojina Panayotova

C’est une quête d’une journée à travers la capitale bulgare pour retrouver Gigi et Sara, deux chiens errants disparus. Dans cette course à travers les interdits, Ivan, protagoniste, semble chercher les seules âmes jusqu’alors encore vivante de son ancien immeuble, voué à la destruction. En caméra subjective, la réalisatrice crée une relation d’échange avec son personnage. La course qu’ils entreprennent tous les deux prend des allures de thriller à suspense décalé, dans lequel le spectateur se retrouve en totale immersion.

L’invraisemblable joue avec le réel. Alors que l’idée de départ était de filmer un lieu abandonné, le projet du film prend une tout autre direction : il suffit d’un coup de fil à Ivan, cet homme contestataire rencontré un an plus tôt, qui, à l’époque, était « occupé à sauver le monde à sa manière » en ramassant des escargots dans le métro. Partir à la recherche des chiens – on a parfois un doute sur leur véritable existence – et trouver le coupable de ce « kidnapping », devient alors l’enjeu du film.

La censure et la peur sont omniprésentes : que ce soit le gardien, les voisins ou même le chenil Éco-équilibre, tout le monde refuse d’être filmé. Mais la caméra franchit ces barrières, défie l’autorité (représentée par le gardien), et filme du côté des démunis. Le cinéma de Bojina Panayotova est « sauvage ». La réalisatrice ne raconte pas la réalité, elle la montre, telle qu’elle la vit.

Joséphine Van Glabeke

  • Prochaine projection : mercredi 20 à 18h