A ROZA AZUL DE NOVALIS (THE BLUE FLOWER OF NOVALIS) de Gustavo Vinagre et Rodrigo Carneiro

A Roza azul de novalis dessine le portrait de Marcelo, un dandy charismatique en peignoir à formes qui se meut dans l’espace tel un oisillon à la recherche de sa propre vie. D’une manière suave et délicate, il nous offre un discours d’une intimité très forte. Les cinéastes accompagnent la parole par une image fixe sur son visage, sur son corps à moitié vêtu, et quelquefois nu. Marcelo est le maître de ses mots, le maître de ce film, et le maître de sa propre vie. Afin que l’immersion dans cette vie romanesque et théâtrale que ce dandy restitue par ses mots toujours posés et réfléchis soit totale, les cinéastes ont décidé d’illustrer son propos par des scènes oniriques, fictives. En travaillant la picturalité de ces scènes, les cinéastes, plus qu’un film, construisent un tableau. Un tableau où les souvenirs sont mouvants comme le sable, et où le spectateur perd pied, reprend sa respiration, ne peut plus bouger.

Les souvenirs qu’invoquent Marcelo tissent une ligne rouge qui entraîne le spectateur tout au long du film, autant qu’elle entraîne Marcelo dans les méandres des images, inventées, ou réelles, que construit son esprit. Car la véracité de ses propos n’est pas le sujet. Marcelo est vrai en tant que personne vivante, par ses rêves et son imagination. Les cinéastes ne font pas œuvre de documentaristes, ils sont plutôt des médiateurs qui cristallisent un souvenir, un rêve, l’imagerie que s’est créé Marcelo durant ses quarante années de vie. Le film est une ode à l’espérance, au désir et à la fureur de vivre. 

Clémence Lebon

  • Prochaine projection lundi 18 à 18h30