Remerciements des lauréats

GRAND PRIX CINÉMA DU RÉEL & PRIX DES BIBLIOTHÈQUES

EL AÑO DEL DESCUBRIMIENTO (The Year of the Discovery) de Luis López Carrasco

PRIX INTERNATIONAL DE LA SCAM & PRIX DES BIBLIOTHÈQUES

MAKONGO de Elvis Sabin Ngaibino

PRIX DE L’INSTITUT FRANÇAIS – LOUIS MARCORELLES 

CHRONIQUE DE LA TERRE VOLÉE de Marie Dault

Nous sommes très heureux de l’intérêt que suscite l’histoire des quartiers populaires vénézuéliens, et de voir que cette lutte nous regarde. Et que voit-elle, quand elle nous regarde, cette lutte ? Nous, ici, dans le confinement de nos espaces, de nos maisons, de nos territoires, et la manière dont ils sont injustement répartis. Cette lutte quand elle nous regarde voit donc aussi ceux qui ont accès à l’espace, à la terre, à la protection d’une demeure et ceux qui n’ont ni droit ni titre pour partager le territoire. C’est avec ceux-là donc, ceux qui sont là sans avoir le droit de l’être, que nous partageons ce prix. Merci d’y avoir vu une expérience d’un monde auquel vous avez décidé, par cette récompense, de reconnaître comme votre. Nous rêvons que nous aurons le cas vénézuélien des quartiers populaires à l’esprit, au moment de reconstruire le monde d’après. – Marie Dault

PRIX DES JEUNES – CINÉMA DU RÉEL & PRIX DE L’INSTITUT FRANÇAIS – LOUIS MARCORELLES (Mention spéciale)

IL N’Y AURA PLUS DE NUIT de Eléonore Weber

Je suis très heureuse que ce film ait pu toucher les jurys dans une période si bouleversée et alors que leurs membres, confinés et séparés, ont dû regarder la sélection en ligne. Merci à Catherine Bizern et à toute son équipe d’avoir fait en sorte que le Cinéma du réel vive malgré l’annulation et la mise en suspens de tout ! Merci à Gaëlle Jones, la productrice du film, si audacieuse et tenace. Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui beaucoup de producteurs aussi engagés et courageux qu’elle. Merci à Géraldine Gomez qui nous a chaleureusement soutenus depuis le début, à Charlotte Tourrès, Carole Verner et Ivan Gariel qui ont accompagné le travail sans flancher. Merci enfin à Nathalie Richard car au terme du parcours, son talent et son élégance ont permis à cette forme d’exister. Sans doute, dans le contexte actuel d’effondrement, le film ne peut que résonner différemment. Et je n’ai pas encore mesuré à quel point ni de quelle manière son propos s’est déplacé. Je trouve que la « mention spéciale », en tout cas, lui va très bien et j’en suis ravie ! Qu’il ait par ailleurs convaincu les membres du Jury Jeune me fait particulièrement plaisir, c’est qu’ils n’ont pas froid aux yeux face au spectacle que nos guerres produisent. Je voulais que ces images soient vues sur grand écran, c’était même l’un des enjeux de ce projet, cette aide à la distribution sera d’un soutien précieux. Merci encore à vous tous ! J’espère vivement que nous pourrons bientôt nous réunir, voir les films en salle, discuter librement et sans fin. – Eléonore Weber

PRIX LORIDAN-IVENS / CNAP

ONTEM HAVIA COISAS ESTRANHAS NO CÉU
(Yesterday There Were Strange Things in the Sky)
de Bruno Risas

Le monde connaît actuellement de profonds bouleversements, rendus manifestes par ce nouveau virus qui met en lumière les mauvais traitements infligés depuis des siècles à la vie sur terre. Pour couronner le tout, nous avons ici, au Brésil – au sommet même de l’État – un homme qui est un génocidaire affirmé, quelqu’un qui fait tout pour que le Brésil retourne aux structures sociales qui prévalaient dans l’Europe du XVIe siècle. Ce sont les mêmes structures sociales dont provient la pensée expansionniste et extractiviste – cette pensée qui a transformé, entre autres, les territoires de Pindorama, d’Abya Yala, de Tawantinsuyu et d’Anhuac, celle qui a produit l’Amérique actuelle. Les conditions ayant permis qu’un homme comme lui ait aujourd’hui tant de pouvoir constituent des blessures qui demeurent vives et dont l’effet se ressent au quotidien dans les violentes contradictions inhérentes à ce processus historique. Les confinements en vigueur dans le monde entier ont hélas empêché la tenue de centaines d’évènements, et c’est pourquoi nous ne pouvons pas être présents avec vous à l’occasion de ces projections parisiennes. Malgré tout cela, nous allons célébrer cet évènement. Parce que célébrer, c’est nier ce qui nous est imposé – c’est-à-dire une réalité qui ne prend pas en compte l’ensemble de nos capacités de percevoir le monde et de le désirer.Nous allons célébrer cela et nous souhaitons remercier l’équipe du festival pour son travail acharné, pour nous avoir permis de faire partager nos sensibilités. Nos remerciements vont également au jury nous ayant décerné ce prix : merci de l’attention qu’il nous a accordée. Outre la joie de voir que notre film a pu toucher les émotions de certaines personnes, ce prix et la somme qui lui est associée sont d’une grande importance pour nous permettre de continuer nos travaux, alors même que le cinéma brésilien doit faire face à des suppressions de subventions publiques. J’espère que nous pourrons nous rencontrer en personne très bientôt.Enfin, je souhaiterais exprimer quelques remerciements personnels. Je pense en particulier à chaque personne ayant contribué à ce long processus de travail cinématographique – mais également de vie – qui a bouleversé notre façon de penser les notions de travail, de rituel et d’attachement aux autres. Le dévouement de ces personnes transparaît dans chaque plan et chaque son du film. À ma famille, à toute l’équipe, à nos partenaires Sancho & Punta, à mes amis. Je vous embrasse. – Bruno Risas

PRIX LORIDAN-IVENS / CNAP (Mention spéciale)

EXPEDITION CONTENT de Ernst Karel, Veronika Kusumaryati

Nous souhaiterions remercier le festival Cinéma du Réel pour avoir sélectionné notre œuvre « Expedition Content ». Par ailleurs, nous exprimons toute notre reconnaissance au jury pour la mention spéciale décernée dans le cadre du prix Loridan Ivens/Cnap. « Expedition Content » est une œuvre qui parle de rencontres – celles qui se sont produites entre le peuple Hubula et Michael Rockfeller. Nous tirons notre inspiration de films tels que « Chronique d’un été », qui nous montre – en l’occurrence par le biais d’une question posée par Loridan-Ivens – comment certaines rencontres inattendues peuvent révéler le travail visible ou latent de l’histoire. Aujourd’hui, alors que d’énormes pressions sont exercées sur eux – générées notamment par une militarisation accrue et les projets de développement de grande ampleur du gouvernement indonésien, ainsi que par la mondialisation et les menaces planétaires telles que le coronavirus –, les Hubulas et les autres peuples papous essaient tant bien que mal de préserver leur dignité et de survivre en tant que peuples. Nous espérons que ce film permettra d’attirer l’attention sur la Papouasie occidentale et de renforcer la solidarité à l’égard des Papous. – Ernst Karel & Veronika Kusumaryati

PRIX DU COURT MÉTRAGE

BACK TO 2069 de Elise Florenty, Marcel Türkowsky

ex aequo avec

DON’T RUSH de Elise Florenty, Marcel Türkowsky

Nous sommes très reconnaissants au jury de nous avoir attribué le prix du film court pour Back to 2069 et Don’t Rush, deux films qui résonnent singulièrement en ces temps de confinement et de « lock down », où la solitude se mêle fortement à un espoir de liberté et de vivre-ensemble. Nous voudrions remercier tout d’abord nos amis Renia, Elvira, Vagelis, Athanasios, et le trio Alekos, Giannis, Vlasis – sans qui ces films n’existeraient pas – ainsi que nos familles, Grimmuseum et Michigan Films, nos producteurs belges qui nous ont soutenus tout au long de cette aventure. Nous voudrions aussi remercier tous les gens qui ont déjà vu les films et qui nous ont manifesté des sentiments forts à leur égard, particulièrement envers la grâce radicale de Don’t Rush. Octavio Paz disait dans son livre Le labyrinthe de la solitude que Filoktitis, seul sur son île, craignait non pas de ne pas être secouru par la société, mais d’être poussé à y retourner par la force. On se demande comment faire face à ce même sentiment de vacuité si nous devions à présent revenir simplement à « l’ordre normal ». Au contraire nous devons exhorter au changement, et le cinéma lui aussi doit être encore plus être un cinéma du changement et de la transformation. C’est sa force motrice. Merci encore. Viva! – Elise Florenty, Marcel Türkowsky

PRIX DU COURT MÉTRAGE (Mention spéciale)

RESERVE de Gerard Ortín Castellví

PRIX DU COURT MÉTRAGE TËNK & PRIX DES DÉTENUS DE LA MAISON D’ARRÊT DE BOIS-D’ARCY

THIS MEANS MORE de Nicolas Gourault

PRIX DU PATRIMOINE DE L’IMMATÉRIEL

L’ÂGE D’OR de Jean-Baptiste Alazard

Je suis très touché de l’attribution du Prix du patrimoine de l’immatériel à L’ÂGE D’OR. Je remercie l’équipe du Cinéma du réel d’avoir cru en ce film, que j’aurai aimé partager d’une autre manière, bien évidemment. Je lui rends hommage pour avoir tout de même essayé de faire exister cette édition comme elle a pu. Il est important pour moi de dire que je fais des films avant tout pour qu’ils existent lors de séances collectives où il est encore possible de s’éprouver physiquement. Bien sûr, il y a les circonstances, mais je pense que nous sommes dans une période où il s’agit de prendre garde à ce que le cinéma ne glisse pas en priorité vers internet, vers le repli sur soi. En espérant vous rencontrer en juin – Jean-Baptiste Alazard

PRIX DU PUBLIC « PREMIÈRE FENÊTRE »

MARIA K. de Juan Francisco González

En temps de crise sociale mondiale, le cinéma joue un rôle de résistance pour pouvoir réfléchir, imaginer et construire une société différente de celle actuelle. Merci beaucoup à toute l’équipe et à mes collègues des ateliers Varan, ainsi que spécialement à María Koleva. – Juan Francisco González