ParisDOC – Les Matinales 2020

Centre Wallonie-Bruxelles
46 rue Quincampoix, 75004 Paris

Une expérience partagée de l’audio description

Audiodécrire le cinéma: transformer une œuvre visuelle et sonore en une œuvre purement sonore. Créer des images mentales. Embrayer la machine à imaginer. Si l’audiodescription s’adresse à tous, elle existe avant tout à l’usage d’un public non ou mal voyant. Certains disent ne pas aimer cette voix qui vient leur raconter ce que l’on voit à l’écran. Ils préfèrent écouter le film tel quel, quitte à s’y perdre. La description viendrait-elle contrarier le film intime du spectateur? Car ce sera bien cette description-là qui sera l’original pour le public déficient visuel, fera office de réel et de partage commun. Cela aurait pu être une autre avec un autre descripteur. Ce sera celle-là. Mais alors quoi ? Ce film décrit, est-ce le même film ou un autre? Comment faire coïncider ce que donne à voir l’œuvre, la perception subjective qu’en a le descripteur et celle de l’auditeur? Quelque chose surgira sûrement mais l’œuvre initiale restera peut-être toujours du domaine du rêve. Un objet de désir.
Le public partagera l’expérience d’une audiodescription à travers la diffusion d’un extrait du film Julien de Gaël Lépingle : 30 minutes du film en audiodescription seront diffusés dans le noir, en immersion..

en partenariat avec l’association Les Yeux Dits

Modérée par : Marie Gaumy (audiodescriptrice pour Les Yeux Dits)
Intervenants : Anne-Sarah Kertudo (membre de Les Yeux Dits, directrice de l’association Droit Pluriel), Gaël Lépingle (cinéaste), Gaël Teicher (producteur, distributeur, La Traverse Films)

Spectateurs-prescripteurs : quelle place pour le spectateur dans la logique de programmation des salles?

Alors que la question du renouvellement des publics du cinéma d’auteur se pose de manière accrue pour les professionnels, de plus en plus de salles collaborent avec une figure particulière du paysage cinématographique : celle du spectateur-prescripteur. À l’heure des réseaux sociaux et prenant acte d’une crise de la prescription des médias traditionnels, il s’agit d’inscrire le spectateur-prescripteur dans une relation de pair à pair. Ainsi tel spectateur prend en charge la recommandation des œuvres ou bien est lui-même à l’origine de programmations, via les associations de cinéphiles dont il fait partie (entités rattachées à des salles de cinéma, associations du 7e Réseau de Documentaire sur grand écran, dispositifs des Jeunes Ambassadeurs Acid, etc.). D’autres initiatives digitales ont tenté la création de communautés programmant à la demande un film dans leur salle de proximité… Comment l’exploitant compose-t-il face à ces initiatives? À quelles conditions et dans quel contexte ouvrir les portes de sa salle ? Comment cela s’inscrit-il dans une ligne éditoriale ? Et que se passe-t-il lorsque la société civile désire s’emparer d’une programmation, pour le meilleur et pour le pire ?

en partenariat avec L’Acid et Documentaire sur Grand Ecran

Modérée par : Marianne Khalili Roméo (programmatrice de cinéma)
Intervenants : Laurence Conan (chargée du développement, Documentaire sur Grand Ecran), Juliette Grimont (programmatrice, Gyptis, La Baleine à Marseille), Salim Hamzaoui (membre du réseau les Jeunes Ambassadeurs de l’Acid), Anne Huet (directrice, Ciné 104 à Pantin), Karin Ramette (chargée des relations aux publics, l’Acid)

Le drone est ce que l’on en fait

L’utilisation du drone comme outil de prise de vue est devenu chose courante tant dans la fiction que dans le documentaire. Cette utilisation parfois féconde parfois futile nous pousse à proposer un questionnement sur les techniques de tournage où l’œil du cadreur est déconnecté de l’objectif de la caméra, et, en quelque sorte, la caméra échappe au point de vue humain.
En conversation avec Ada Ackerman et Antonio Somaïni, Vincent Sorrel interrogera l’évolution de l’utilisation de ces dispositifs à partir du projet esthétique de Jacques Perconte et de sa réflexion sur l’utilisation du drone pour un projet en cours. Les films de Jacques Perconte sont des rencontres uniques avec la nature et l’image numérique. Les échanges avec l’artiste, dont le travail se déploie au croisement des arts, s’appuieront sur la présentation d’une œuvre générative ou « film infini », Le tempestaire, produit pour l’exposition Time machine, et la projection de son film Or/Aour, Vienna, réalisé en 2019.

Modérée par : Vincent Sorrel (enseignant et chercheur à l’Université Grenoble-Alpes)
Intervenants : Ada Ackerman (chargée de recherche au CNRS et commissaire des expositions Golem ! Avatars d’une légende d’argile (2017) et L’Oeil extatique : Eisenstein, cinéaste à la croisée des arts (2019), elle anime le cycle de conférence et de projections « Machine vision » avec Antonio Somaïni au BAL), Jacques Perconte (artiste vidéaste), Antonio Somaïni (professeur en études cinématographiques, études visuelles et théorie des médias commissaire de l’exposition Time machine)

Matinée des idées : Cinéma & corpus numériques : de nouveaux matériaux au service de quelles narrations ?

L’ère numérique a fait naître de nouveaux espaces intimes, ainsi que de nouveaux canaux de communication, de partage et d’influence. Le virtuel investit nos corps, nos mouvements, nos modes de consommation et depuis peu nos choix politiques. L’accélération des nouvelles technologies produites dans nos sociétés ne cesse d’engendrer des images et des usages inédits de celles-ci : internet devient un recueil d’archives, l’intelligence artificielle produit des images, le jeu vidéo se rapproche de jour en jour de l’animation. Comment le cinéma accueille-t-il ces nouveaux matériaux qui rediscutent le mode de fabrication de nos films ? Quels récits sur notre époque peuvent-ils ou non porter ? En s’emparant de ces nouvelles écritures, le cinéma documentaire a l’opportunité d’investir des espaces qui lui étaient hier encore inaccessibles. Comment faire voir, entendre, montrer et rendre visible cette « autre réalité » ?
Temps de réflexion collective, cette Matinée des idées est l’occasion d’imaginer ensemble les films à faire à partir de ces questions, et de voir émerger de nouveaux projets.

en partenariat avec la SRF (Société des Réalisateurs de films)

Modéré par Alice Leroy (enseignante chercheuse en études cinématographiques à l’Université Paris-Est)
Intervenants : Ismaël Joffroy Chandoutis (artiste, cinéaste, monteur), Jean-Marc Chapoulie (artiste, cinéaste, vidéaste, enseignant), Eléonore Weber (auteur, metteur en scène, réalisatrice), Pascal Goblot (vidéaste, documentariste), Pierre Cassou-Noguès (écrivain, philosophe)