ParisDOC – Feedback Pro 2020

Centre Pompidou, Petite Salle
Place Georges-Pompidou, 75004 Paris

Le documentaire intéresse-t-il les collectionneurs?

La perméabilité de l’art contemporain et du cinéma existe depuis longtemps tant dans la pratique des artistes et cinéastes que l’exposition des œuvres. Aujourd’hui de plus en plus d’œuvres  voient le jour, portées par une nouvelle génération d’artistes cinéastes reconnus tout autant et en même temps par le monde de l’art et celui du cinéma. Les deux marchés obéissent pourtant à des logiques fort opposées (d’un côté une valeur indexée sur la rareté et spéculant sur le temps, de l’autre une économie industrielle du multiple qui joue sur la nouveauté et souhaite l’exposition la plus large possible sur un temps de plus en plus court) mais la question de leur compatibilité se pose-t-elle vraiment ? Un champ est-il plus à même de valoriser l’œuvre et son auteur plutôt que l’autre ou de nouvelles perspectives et collaborations s’ouvrent-elles pour le genre documentaire et ceux qui le font ?  Ces collaborations demeureront-elles spécifiques, marginales et exceptionnelles, à l’image du marché de l’art, ou seront-elles à terme duplicables, à l’image des mécanismes de l’industrie du cinéma ?

Modéré par : Pascale Cassagnau (docteur en histoire de l’art, critique d’art, inspecteur général de la création artistique, responsable des fonds audiovisuels du Centre national des arts plastiques
Intervenants : Corinne Castel (productrice, Les Volcans), Josée et Marc Gensollen (psychiatres, collectionneurs), Clarisse Hahn (cinéaste, vidéaste, photographe), Nathalie Mamane-Cohen (collectionneuse), Michel Rein (galeriste)

De quel endroit, à la fois intime, esthétique, géographique et politique, les festivals choisissent-ils les films qu’ils programment?

Aujourd’hui c’est encore en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord que se déroulent les festivals de cinéma les plus prescripteurs, ceux où sont « découverts » les films et les cinéastes qui reçoivent une reconnaissance internationale. Celle-ci reste ainsi subordonnée au regard occidental, au poids des représentations de soi et des autres en cours de ce côté-ci du monde, et aux rapports de force financiers et politiques internationaux. Cette domination a pu s’appuyer sinon être justifiée par l’idée longtemps répandue d’universalisme de l’art. Désormais cependant les questions de la diversité, de « l’inclusion » tant en terme de genre, de provenance géographique ou d’origine sociale, tant du côté des films, des cinéastes, des publics que des équipes animent l’ensemble des milieux cinématographiques et en particulier celui des festivals qui pour certains y travaillent de manière active. Dans ce moment charnière, il nous importe de nous interroger sur ce qui nous meut dans cet acte premier qui consiste à choisir des films : de quelle place les regardons-nous ? de quel endroit – intime, esthétique, culturel, géographique, politique – construisons-nous une sélection ?

Modéré par : Catherine Ruelle (grand reporter, critique de cinéma, auteure, présidente de l’association Racines)
Intervenants : Fatma Chérif (directrice artistique, Gabès Cinéma Fen, réalisatrice), Claire Diao (distributrice, Sudu Connexion, membre du comité de sélection de la Quinzaine des Réalisateurs, présentatrice du Ciné Le Mag, Canal Plus Afrique, directrice de publication de la revue Awotele, fondatrice et programmatrice de Quartiers Lointains), Hicham Falah (délégué général du festival international de documentaire d’Agadir Fidadoc, directeur artistique du festival international du Film de Femmes de Salé), Martin Horyna (membre du comité de sélection pour le documentaire, Karlovy Vary International Film Festival ), Birgit Kohler (co-directrice de l’Arsenal – Institut für Film und Videokunst à Berlin, membre du comité de sélection du Forum de la Berlinale de 2002 à 2019, chef de la programmation du Forum en 2019)