Eric Le Roy – La Tartine de cacao

Eric Le Roy Chef du service Accès, valorisation et enrichissement des collections, Vice-Président de la FIAF, Archives françaises du film-CNC

La Tartine de cacao

On doit à Bernard Chardère, dans les premiers numéros de Positif en 1953, d’avoir consacré une longue étude fondamentale signée Paul-Louis Thirard sur Maurice Burnan, cinéaste inclassable, indépendant, original et mystérieux. L’histoire de ses films et la perte de ses copies font de son oeuvre un vrai mythe et tout cinéphile sérieux rêve de découvrir son chef d’oeuvre, La Tartine de cacao, réalisé en 1926 avec la collaboration de Léonce-Henry Burel, Forster, interprété par Gaby Morlay, Georges Charensol et Duhamel.

Dans les années soixante, Bernard Martinand, qui programmait entre autres au Mac Mahon, fréquente à la même époque la Cinémathèque française rue d’Ulm. C’est alors que Bertrand Tavernier découvre avec émotion au Studio Obligado une version raccourcie de La Tartine de cacao de Maurice Burnan, présentée en complément de programme de L’Ile des péchés oubliés d’Edgar G. Ulmer dans une copie 16 mm devenue introuvable. Plus tard, lorsque Dominique Païni devient, au début des années 1990, le directeur de la Cinémathèque française, il nomme Martinand directeur des collections films en le chargeant tout particulièrement de retrouver les films de Maurice Burnan, auquel il avait lui-même consacré une plaquette éditée à compte d’auteur en mai 1968, intitulée À la recherche d’un cinéaste d’avant-garde méconnu, Maurice Burnan en qui il voyait un précurseur des travaux de Jean-Marie Straub. Les recherches de Bernard Martinand n’ont hélas pas abouti : rien de présentable dans les festivals comme Bologne, et même sur le plan de l’édition, le livre que venait de terminer Michel Mardore avant sa disparition brutale ne trouve pas d’éditeur. Récemment encore, Edouard Waintrop a pu avoir une excellente discussion sur Maurice Burman, qu’Albert Bolduc lui a fait connaître il y a des années.

La Tartine de cacao (1926), invisible depuis 1960, retrouvera-t-elle un jour un écran ?